Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Villes Montceau, Ciry, Sanvignes, Perrecy, St Vallier, Blanzy, et Villages

Le Doyenné de Montceau les Mines et  ses 4 paroisses   St Jean, St Matthieu, St Luc, St Marc

MÉDITATION_ LE DEUIL EN QUESTION

Nos chers défunts

"Entrez dans la Lumière"

Un psaume prie ainsi : « Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse, ton amour qui est de toujours. Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse »... Eh oui, même les gens bien font des bêtises, doutent, voire se révoltent, mais ils veulent aussi - et ici encore c'est très humain - progresser dans leur vie : « Droiture et perfection veillent sur moi », chantait l'auteur du même psaume qui, comme chacune et chacun d'entre nous, aspirait au bonheur de bien faire, de faire bien, avec une conscience droite, en harmonie avec ses convictions, et dans le but de mener une vie belle et bonne, pour soi et pour les autres. Oui, même les gens qui font des bêtises sont capables de bien faire, de faire bien, au moins d'en avoir le désir. Comme le répète l'Apôtre saint Jean, Dieu est amour : alors chaque pensée, chaque parole, chaque acte de bonté dont nous avons été capables, Dieu s'y reconnaîtra, cela nous relie directement à sa vie éternelle. L'amour reçu aussi, comme le bisou d'un papa ou d'une maman à leur bébé chéri. Un autre psaume chante quant à lui que « le Seigneur est tendresse et pitié, et plein d'amour » : oui, Dieu veut en combler celles et ceux qui en manquent.

Souvent la vie contrarie nos bonnes intentions, et vient malmener la beauté de nos désirs. Ce n'est pas si facile, au jour le jour, d'être quelqu'un de bien, et parfois, nous le savons bien, nous passons à côté, et il arrive même que nous baissions les bras, comme ces deux disciples de Jésus qui quittaient Jérusalem, en ne croyant plus qu'il était le Christ. Ils sont comme nous, ces deux hommes, dans le deuil d'un être cher, et cela affecte toute leur vie, au point qu'ils sont, c'est bien naturel, tout tristes. Ils se souviennent d'abord des terribles événements qui viennent de se passer, de l'injustice de la mort de Jésus qui était innocent de tout mal. Et voici qu'un inconnu vient leur rappeler tout ce qu'ils ont vécu de grand avec cet homme qu'ils aimaient, tout ce qui les faisait frémir de joie, car il semblait bien qu'il était le Christ Sauveur tant attendu et annoncé depuis longtemps dans les Écritures. Ils se mettent donc à croire de nouveau que Dieu tient promesse.

Heureusement que cet homme, qui révèle à la fin qui il est, est repassé dans leurs vies. Nous pouvons prier pour toutes les personnes qui ont besoin de retrouver l'espoir, qui ont besoin du réconfort qui réchauffe le cœur, et fait retrouver le chemin de la vie. Particulièrement quand la mort nous éprouve, également en ces temps que la Covid-19 et le terrorisme, entre autres malheureusement, rendent troublés et effrayants, sans parler des relations internationales dont les tensions sont à juste titre inquiétantes, nous avons besoin nous aussi qu'on nous aide à croire que le Seigneur est tendresse et pitié, et que son amour est de toujours à toujours. Car nous nous demandons comment on peut dire parfois que la mort est peu de chose, quand elle nous révolte, quand nous avons accompagné jusqu'à son décès une personne qui a beaucoup souffert de sa maladie, quand elle nous choque, quand nous sommes frappés par le deuil d'un enfant à qui on n'a même pas eu le temps de parler de la confiance en Dieu.

Un texte pourtant, souvent choisi pour accompagner une cérémonie d'obsèques ou le recueillement au cimetière, nous dit : « La mort n'est rien, je suis seulement passé dans la pièce à côté. » Il est souvent choisi, c'est donc qu'il parle au cœur de beaucoup. Peut-être parce que, sans effacer la douleur que cause la mort d'un proche, il veut souligner l'espérance que sa vie n'est pas effacée non plus, et qu'on le retrouvera.

En vérité, une personne qui souffre d'un cancer au point de pousser des gémissements de douleur n'a pas choisi ce calvaire. Quelle explication à son mal Dieu pourrait-il lui donner ? En vérité, la seule réponse qu'il a donné, c'est lui-même, c'est son Fils unique, Jésus Christ, c'est Dieu en personne dans les souffrances de sa Passion et de sa mort sur la Croix. C'est Dieu qui nous accompagne jusque dans nos souffrances et notre mort. Un jour, on vient trouver Jésus car dans une ville une tour s'est effondrée, entraînant beaucoup d'habitants dans la mort : étaient-ils là par hasard ou pour leur faire subir le châtiment de leurs péchés ? Jésus répond en rappelant qu'il est venu non pour punir mais sauver, et ses miracles de guérison, ainsi que l'accueil des personnes là où elles en sont, montrent qu'il croit que Dieu travaille à la vie. À un autre moment, on le voit faire revenir une fillette à la vie : comment ce Dieu-là n'aurait-il pas le cœur transpercé par la mort d'un enfant ? Et, pour tout vous dire, je crois que c'est ce que Jésus nous montre sur la Croix, le visage d'un Dieu Père, dont le cœur est transpercé à cause de la souffrance et de la mort de tous ses enfants chéris.

Mais il ne veut pas que cela s'arrête là, il veut nous conduire jusqu'à la Résurrection, avec amour. Ainsi, quand à Emmaüs il se fait reconnaître des deux disciples qui l'avaient vu mourir, c'est après un long temps de partage amical avec eux, partage de la parole, partage du pain. L'histoire de Job, personnage titre d'un livre de sagesse de l'Ancien Testament, parlait déjà d'une traversée de l'épreuve, d'un passage à travers les forces de mort à l'œuvre ici-bas ; il a tellement souffert qu'il en vient à demander des comptes à Dieu, il a en effet vécu avec justice et ne voit pas pourquoi la tragédie l'a broyé, mais il continue à parler avec Dieu, tout en lui confiant qu'il ne comprend rien à ses volontés. Job est comme nous, tantôt dans l'incompréhension à cause des douleurs de ce monde, et tantôt avec une foi ardente qui lui fait proclamer : « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant », qu'il vient, dans ma vie, celui qui me libère de ce qui m'angoisse, celui qui m'aide à porter mon fardeau, et c'est comme si Job voyait le Christ ressuscité plusieurs siècles à l'avance, et il affirme que Dieu, qui est toute miséricorde, qui est entièrement amour et compassion, ne se détournera pas de lui, mais posera sur lui un regard amical, exactement le même que Jésus pose sur les deux disciples d'Emmaüs, et sur chacune et chacun d'entre nous. Il ne veut pas se détourner de nous, mais il recherche notre amitié, et cela par-delà la mort, dans ce que nous appelons la Résurrection, « la pièce d'à côté ».Oui, Seigneur, rappelle-nous que nous sommes précieux à tes yeux. Prends soin de nos chers défunts dans ta lumière et ton amour. Et aide-nous à continuer le chemin de

la vie, que nous avions eu le bonheur de partager avec eux, jusqu'au jour où tu nous rassembleras de nouveau dans la joie de ta grande famille universelle. Aide-nous, Seigneur, à nous réconforter les uns les autres, ainsi que nous y exhortait saint Paul Apôtre, aide-nous, selon le vœu du psaume que nous avons entendu, à habiter ta maison tous les jours de notre vie.


Père Yves Garruchet

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article