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Villes Montceau, Ciry, Sanvignes, Perrecy, St Vallier, Blanzy, et Villages

Le Doyenné de Montceau les Mines et  ses 4 paroisses   St Jean, St Matthieu, St Luc, St Marc

61/2 Homélies du temps de Noël

ANNÉE B

Homélie du jour de la Présentation du Seigneur / Patrice RÉTY, diacre permanent

Présentation du Seigneur au temple Lc 2, 22-40

Quarante jours après la naissance du Seigneur, le 2 février, la Présentation au Temple de Jérusalem est un complément du cycle de Noël. La fête est sous le signe de la lumière, en raison de la parole du vieillard Siméon, qui voit dans l'Enfant « la lumière qui éclaire les nations ». Le mot « Chandeleur » vient précisément de candela - la chandelle – (fête des chandelles). En fait, à l’époque des Romains, il s’agissait d’une célébration païenne. En 472, le pape Gélase 1er décida de christianiser cette fête en la faisant coïncider avec la célébration de la Présentation de Jésus au Temple. De là la bénédiction traditionnelle des cierges avant la Messe et la procession qui anticipe en quelque sorte la nuit Pascale. Ce qui souligne l’unité du cycle liturgique et l’orientation de tous les mystères vers la Pâques, où s’accomplit « le salut que Dieu préparait à tous les peuples ». (Pour être complet il faut ajouter qu’il convenait également de manger une galette de céréales pour obtenir la fertilité de la terre. Cette pratique s’est maintenue jusqu’à nos jours dans la tradition des crêpes de la Chandeleur !)

La solennité de ce jour veut nous introduire au mystère de l’incarnation comme l’événement de la rencontre entre Dieu et les hommes. Tout le récit de la présentation de Jésus au Temple est empreint de cette « théologie de la rencontre » ou de la « visitation » de Dieu. Une rencontre qui n’a rien de formel : tout se passe dans la simplicité d’un dialogue, d’un échange de regard, d’un sourire, d’un geste respectueux, dans lesquels Dieu et l’homme s’approchent, s’apprivoisent, s’engagent mutuellement.

Car c’est bien le Seigneur qui, porté dans les bras de Marie, entre dans son Temple : il est chez lui dans cet édifice ; c’est lui qu’on y adore. Et pourtant, seul deux vieillards aux yeux déjà éteints, vont le reconnaître là où il se donne à contempler : dans l’humilité d’un enfant offert à nos regards attendris. Dieu n’est pas derrière l’autel des sacrifices ; il ne se rassasie pas du sang des animaux : « c’est la miséricorde que je veux, non le sacrifice » (Mt 9, 13). Et encore : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un cœur brisé ; du cœur brisé, ô mon Dieu, tu n’as point de mépris ! » (Ps 50). Le cœur que le Seigneur aime est le cœur repentant, qui renonce à vouloir mettre la main sur Dieu, à chercher à le manipuler par sacrifices interposés, et accepte de s’ouvrir à une vraie rencontre, humble et sincère.

Quelle rencontre déconcertante ! Le Verbe éternel cache sa divinité sous le voile de l’humanité qu’il reçoit de la Vierge, et s’offre à nous comme un petit enfant dans les bras de sa mère, tout aussi dépendant d’elle que nous l’avons tous été. En lui nous sommes invités à reconnaître le Fils de Dieu qui se fait Fils de l’homme pour ne pas nous anéantir sous le poids de sa gloire divine. Qui en effet pourrait tenir sous le regard de Dieu ?

Marie et Joseph viennent au Temple pour accomplir un précepte de la Loi ; mais ce faisant, ils présentent aux hommes religieux rassemblés dans le Temple, celui qui vient accomplir toutes les recommandations et toutes les lois reçues du Très-Haut dans le contexte de la première Alliance. C’est parce qu’ils ont le cœur pur - purifié de tout orgueil - qu’ils peuvent « voir Dieu » (Mt 5, 8) et reconnaître la présence du Messie dans l’enfant présenté ce jour-là au Temple.

La grande conversion à laquelle nous sommes invités dès les premières pages de l’Évangile consiste à nous laisser surprendre par un Dieu déconcertant, qui cherche à engager avec nous un dialogue empreint de simplicité, de familiarité. Seigneur Jésus, merci pour cette ultime révélation que ton salut parviendra aux extrémités de la terre. Fais-nous le don d’une adoration en esprit et vérité, comme celle de Syméon, de Marie et de Joseph dans le temple, pour que ton sacrifice transforme nos vies et que les dons de l’Esprit à chacun des tiens fassent resplendir l’Église tout entière dans l’éclat de ta lumière.

đꝑ RP

 

Cantique de Syméon (Luc 2, 29-32)

"Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.

Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël."

"Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit comme il était au commencement, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles Amen."]

[Saint Augustin pensait que "lire, c’est dialoguer avec les absents" ; et cela a lieu aussi dans la lectio divina, où l’Absent est invisible mais présent et vivant plus que jamais !!!]

 

Homélie de la nuit de Noël pour les enfants / Patrice RÉTY, diacre permanent

Nuit de Noël      

Depuis quelques années, je prêche la nuit de Noël. Et ce soir, j’ai eu cette envie : m’adresser plus particulièrement à vous les jeunes et les enfants, parce qu’il y a des choses importantes à comprendre en cette nuit de Noël.

Commençons par le plus simple : Noël, c’est un anniversaire ; on fête la naissance de Jésus. Mais cet anniversaire n’est pas tout à fait comme les autres. Pour l’anniversaire que nous fêtons ce soir, il y a à peu près 2,4 milliards d’invités, plus de 2 milliards de chrétiens dans le monde en 2015, soit le tiers de la population mondiale qui se réunissent ce soir; certains dans de belles petites églises comme la nôtre, d’autres dans une maison de retraite avec juste quelques personnes âgées, d’autre se réunissent dans leur maison, Et puis il y en a beaucoup qui participeront à la fête seulement en regardant la messe à la télévision ou en écoutant la radio parce qu’ils sont malades ou fatigués. Mais tous célèbrent le même anniversaire : la naissance de Jésus il y a plus de 2000 ans.

Pourquoi tant de monde pour célébrer cet anniversaire ? C’est une longue histoire… Il faut remonter loin dans le passé pour comprendre l’importance de la naissance de cet enfant ; il faut remonter au commencement, à l’origine.

Tout d’abord, à l’origine, avant que l’homme existe, Dieu est vivant, dans un bonheur infini, bonheur de vivre, bonheur d’aimer, joie infinie de l’amour qui circule entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint.

Ensuite, la création. Dieu a décidé de partager son bonheur avec d’autres êtres, il a décidé de créer les planètes et les galaxies, de créer la terre et toute la nature, les poissons et les oiseaux et toutes sortes d’animaux, et il a placé l’homme dans ce monde merveilleux pour qu’il partage son propre bonheur. Bonheur d’exister, bonheur d’aimer, bonheur de donner la vie. C’est l’histoire d’Adam et Ève, créés pour s’aimer et pour être heureux. Parce que Dieu a de la joie à partager sa vie et son bonheur.

Mais  par la suite, les choses se sont un peu compliquées. On ne sait pas exactement comment ça s’est passé, mais les hommes ont perdu le bonheur pour lequel ils étaient faits. Ils sont devenus triste ; ils sont devenus, comme dit Isaïe, un « peuple qui marche dans les ténèbres ». Le bonheur que Dieu promettait à l’homme a été obscurci par de gros nuages noirs : les péchés.

Et enfin : Noël. Devant cette situation terrible, Dieu a voulu réagir. Il a imaginé une autre solution : au lieu de montrer sa force terrible, il s’est fait tout petit, il s’est montré comme un faible enfant, pour nous apprivoiser, pour que nous n’ayons plus peur de lui. C’est ça Noël ! Dieu vient parmi nous, en la personne du Fils unique, Jésus Christ. Il cache sa puissance pour nous apprivoiser. Qui aurait peur d’un enfant nouveau-né ?! Dieu n’a pas voulu qu’on ait peur de lui, il a voulu susciter notre affection, notre tendresse, pour que nous nous rapprochions de lui, pour que nous puissions retrouver le bonheur que nous avions perdu, pour que nous puissions retrouver la lumière dont nous étions privés.

Voilà Noël : Dieu se fait tout petit pour nous apprivoiser.

Il y a plus de 2000 ans, il est venu à nous comme un petit enfant. Aujourd’hui il va s’abaisser encore plus pour nous, en se présentant comme un petit morceau de pain; « ceci est mon corps livré pour vous ». Jésus vient à nous ce soir : le pain que nous partageons, c’est son corps donné pour nous.

Dans le silence, disons-lui notre affection, notre amour.

Amen.

   đꝑ Patrice RETY               

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