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Villes Montceau, Ciry, Sanvignes, Perrecy, St Vallier, Blanzy, et Villages

Le Doyenné de Montceau les Mines et  ses 4 paroisses   St Jean, St Matthieu, St Luc, St Marc

61/3 Homélies du Temps Ordinaire

ANNÉE B

Homélie du 6ème dimanche du temps ordinaire  / ANNÉE B / Olivier JOLY, diacre

Voir l'Évangile

Les textes de ce jour nous parlent de maladie et de guérison, de la lèpre plus exactement, dans l’ancien testament et pendant la vie de Jésus.

Cette année, ces textes peuvent nous toucher bien différemment que les autres années avec cette crise sanitaire, cette pandémie de Covid-19, cette lèpre du XXIe siècle qui impacte la vie sociale de toute notre société, notre humanité.

Dans l’Evangile de saint Marc, Jésus est pris de compassion par un homme atteint de la lèpre, qui lui demande la purification. Immédiatement, Jésus le purifie et cet homme est alors guéri de cette maladie qui le ronge.

A cette époque, la lèpre était la pire des maladies car très contagieuse. La première lecture nous en donne une description et un « mode d’emploi » si bien pour le malade que pour le reste de la société indemne. Cette maladie obligeait les personnes touchées à s’exclure de la ville, de la communauté et dès qu’elles arrivaient quelque part, devaient se signaler afin que les personnes saines évitent la contagion. Cela nous rappelle étrangement ce que nous vivons avec le confinement des personnes positives au covid.

De ce fait, au temps de Jésus, la lèpre était bien plus qu’une maladie de peau, c’était une maladie du corps social qui engendrait de l’exclusion et de la pauvreté.

Dans cette situation dramatique des épidémies de lèpre à cette époque où il n’y avait pas toutes les techniques médicales d’aujourd’hui et où la seule solution était la mise à l’écart du groupe, Jésus n’a pas peur d’approcher ce lépreux, de braver les consignes, à savoir de s’en écarter, de ne pas le toucher, au risque d’être lui-même contaminé. Il ne se pose pas la question s’il peut ou s’il ne doit pas l’approcher, sitôt la demande de l’homme malade effectuée, Jésus le touche et lui dit « Je le veux, sois purifié ».

Il n’a pas peur de la contamination, d’être malade, il n’a pas peur de la différence de l’autre et d’être jugé par la société, au point où il est mis à l’écart, hors de la ville car il a bravé l’interdit, a pris le risque de se contaminer et contaminer les autres.

Il vient débarrasser cet homme de sa maladie, de cette tare, pour l’en délivrer comme il nous a libéré de nos péchés en mourant sur une croix. A cette demande, Jésus, impatient répond de suite, sans délais, en lui rendant la santé et une vie sociale. Cette guérison est un signe précurseur de sa mort en croix et de sa résurrection où il vient donner sa vie pour guérir, effacer nos péchés, pour que nous ayons la vie en abondance. Cet Evangile de ce jour, en regard de la résurrection future du Christ nous montre aussi que la vie Eternelle à laquelle nous sommes voués, ne commence pas après notre mort, mais débute aujourd’hui, tout de suite, maintenant.

En s’abaissant en toute humilité au niveau de la misère humaine, il a pris toute notre humanité avec toutes ses faiblesses, Lui notre Dieu Tout Puissant. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » nous dit Jésus dans l’Evangile de saint Jean au chapitre XV et de poursuivre avec le verset suivant : « Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour ceux qu’il aime ».

Dieu est Amour, il aime tous les hommes, sans distinction, il nous donne son Amour gratuitement sans contrepartie. Le paroxysme de son Amour le conduit à envoyer son fils Jésus-Christ guérir un homme atteint par la pire des maladies à cette époque, la plus hideuse, la lèpre. Jésus ne va pas le guérir à distance comme il aurait pu le faire, non, il va le toucher pour le purifier et de ce fait le guérir. Ce touché décuple la signification de cet acte : non seulement il guérit un homme de la pire des maladies contagieuses, mais en plus il le fait en le touchant, comme s’il avait voulu prendre sa maladie. Dieu réalise en nous des choses inconcevables. Telle est sa grandeur, grandeur dont nous n’avons pas totale conscience du fait de notre nature d’homme te de femme pécheurs.

Mais, n’auront la Vie Eternelle, que ceux qui croient en Dieu et son fils le Christ Jésus, ceux qui le reconnaissent comme ce lépreux qui ne s’y trompe pas : « Si tu le veux, tu peux me purifier ». Si nous croyons en lui, c’est que nous l’écoutons, l’entendons, le lisons. Et qu’est-ce qu’Il nous demande ? Il nous demande une seule chose : « Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés ». Il nous invite à le suivre et à faire comme lui.

Ce que nous dit saint Paul dans la 2e lecture n’est pas autre chose : « Frères, tout ce que vous faites … faites-le pour la Gloire de Dieu ». Et il termine ce passage en disant : « Imitez-moi, comme moi aussi j’imite le Christ ».

Qu’est-ce qu’un chrétien, quel est son signe caractéristique ? C’est un imitateur du Christ…

Que devons-nous donc faire pour imiter le Christ ? En guérissant le lépreux, en le touchant, il est allé auprès de celui qui était malade, pauvre, seul, exclu parce que contagieux. Dans ce passage d’Evangile, une fois de plus, mais comme tout au long des Evangiles, Jésus est miséricordieux, va au-devant des plus pauvres, des plus démunis, les guérit et les soutient.

Nous aussi, nous sommes appelés à faire de même, puisque nous sommes invités à l’imiter. Non en guérissant les malades mais en les visitant, en aidant les plus démunis, les plus pauvres, ceux qui souffrent de solitude, de froid, de faim, d’injustice, d’isolement social et de tant d’autres souffrances, cette liste est loin d’être exhaustive.

Mercredi prochain, en ce jour des Cendres, nous entrerons en Carême pendant 40 jours. Comme Jésus, s’est retiré au désert pour se retrouver seul face à son Père, nous aussi nous sommes invités à vivre ce temps particulier de la vie des chrétiens. Nous sommes appelés à faire une relecture de notre vie. Qu’est-ce qui s’est passé dans ma vie depuis 1 an ? Quand ai-je suivi et ressemblé le Christ et quand ne l’ai-je pas fait ? Comment j’ai vécu cette période si bizarre où le Covid est venu bouleverser nos vies ? Qu’est-ce que j’ai fait ou ce que je n’ai pas fait pour les autres et qui m’interpelle ? Ai-je été suffisamment charitable pour pouvoir me rapprocher de Jésus-Christ ?

Nous sommes donc tous invités à la conversion de nos cœurs pour guérir nos lèpres intérieures.

Nous ne pouvons pas nous guérir tout seul de ces lèpres, « En dehors de moi, dit Jésus en saint Jean, vous ne pouvez rien faire ».

Pour cela, en plus de notre prière quotidienne, pendant ce temps de relecture durant le Carême qui va commencer d’ici quelques jours, nous sommes invités à nous poser la question de la guérison dont nous avons besoin pour le suivre et prendre pleinement conscience de la grandeur de Dieu.

Enfin, afin de pouvoir rejoindre le Christ et l’imiter nous avons aussi et surtout la messe dominicale, source et sommet de notre foi et de conclure avec une phrase du Père Michel Wackenheim, Archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg : « Dans l’Eucharistie, Jésus nous touche au plus profond de nous-mêmes », comme il a touché le lépreux pour le purifier.

 

Homélie du 3ème dimanche du temps ordinaire - Dimanche de la Parole / ANNÉE B / Patrice RÉTY, diacre 

Voir l'Évangile

Dimanche de la "Parole de Dieu"

Le 3ème Dimanche du Temps Ordinaire a été institué (depuis 2019) : « Dimanche de la Parole » par le pape François. Il en sera ainsi chaque année. Cette Parole, c’est celle du Seigneur ; elle doit être annoncée très largement. Dieu veut que tous se convertissent et soient sauvés. Nous sommes tous envoyés pour être les messagers de cette bonne nouvelle ; notre mission c’est de dire et de témoigner. Nous ne devons pas oublier que le Seigneur est là. C’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qui entendent sa Parole.

Jonas, dans la 1ère lecture est envoyé par le Seigneur à Ninive, la grande ville du monde païen le plus endurci et le plus éloigné de Dieu. La Parole qu’il proclame est un message de destruction : "Encore quarante jours et Ninive sera détruite". Jonas croyait assister à la destruction de cette ville. Mais les gens se sont convertis ; ils se sont détournés de leur conduite mauvaise. C’est ainsi que Dieu a agi dans le cœur de ceux qui ont entendu la parole de Jonas.

Saint Paul, dans la seconde lecture nous rappelle les vraies priorités. Il nous invite à prendre nos distances par rapport aux réalités provisoires de ce monde. Bien sûr, il ne s’agit pas de mépriser ces réalités, mais nous ne devons pas nous y enliser ni en faire un absolu. Le plus urgent c’est d’être entièrement tournés vers la rencontre définitive avec le Seigneur.

L’Évangile nous montre Jésus qui prêche la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Tout commence en Galilée. Cette région dont on disait qu’il ne pouvait sortir rien de bon est devenue un carrefour de païens, une terre de ténèbres et de débauche. Comme Jonas, nous vivons dans un monde où beaucoup se sont détournés de Dieu. Nous sommes appelés et envoyés, non pour annoncer leur destruction mais pour témoigner de l’amour qui est en Dieu. Il est le Dieu de l’univers. Sa présence n’est pas limitée à un lieu, un pays ni à une religion. Des gens très loin de l’Église décident de se convertir à Jésus Christ. C’est ainsi que le Seigneur agit dans le cœur de ceux et celles qui entendent sa Parole. Tout comme Jonas, Jésus se rend vers ce lieu de perdition. Mais au lieu d’annoncer la catastrophe, il lance un appel pressant : "Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle." Contrairement à celle de Jonas, sa prédication n'a rien de menaçant. Il n'annonce pas la destruction du monde païen. Son message est porteur d'espérance. Avec lui, chacun peut passer d'un monde sans Dieu à un monde rempli de son amour.

Pour embraser le monde, Jésus fait appel à des disciples. Il ne les choisit pas parmi les notables du temple mais parmi de simples pécheurs. Et l'on voit des hommes surpris en plein milieu de leur travail quotidien qui laissent tout et qui partent derrière lui. Pour André, Simon, Jacques et Jean, c'est le début d'un grand amour. Ils vont accueillir une bonne nouvelle qui va transformer toute leur vie.  

Le Royaume de Dieu est tout proche. En Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre pour nous sauver. Il veut nous communiquer son amour ; il nous demande d’éliminer tous les obstacles qui nous détournent de lui. Comme les apôtres et comme Jonas, nous sommes tous appelés par le Seigneur. Bien sûr, tous n'ont pas à quitter leur métier pour aller annoncer l'Évangile. Mais nous sommes tous appelés à suivre Jésus. Tout au long de notre vie, nous sommes appelés à prendre des décisions importantes. Quand cela arrive, nous devons chercher à connaître et à accomplir ce que Dieu attend de nous. Tout cela, nous le faisons à la lumière du grand commandement que Jésus nous a laissés : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force." Plus tard, il nous recommandera de ne pas nous laisser "envahir par les séductions de la richesse et autres convoitises" qui étouffent la Parole de Dieu et l'empêche de produire du fruit.

Nous sommes envoyés ensemble, en communion* les uns avec les autres et avec le Christ. Cette mobilisation nous est rappelée en pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette unité est absolument indispensable au témoignage que nous avons à donner. Si nous sommes divisés, c’est impossible. Prions ensemble et rapprochons-nous du Christ. C’est autour de lui que se construira l’unité de ses disciples.

            En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. Nous lui demandons qu’il nous donne la force et le courage pour la mission qu’il nous confie.

Amen

                                             đc Patrice

 *communion = com-munus = union avec

ANNÉE A

Homélie du 33ème Dimanche Ordinaire - Année A / Patrice RÉTY /  Diacre permanent

 

Voir l'évangile

 

 

« Tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup » (La parabole des talents)

            Cette parabole des talents, nous la connaissons bien parce que nous l’avons entendue souvent. Elle nous paraît dure pour cet homme à qui il lui a été confié un talent. Quand on parle des talents, on imagine des qualités qu’il faut développer, surtout quand on est doué pour telle ou telle chose. Un talent ce n’est pas obligatoirement une qualité d’intelligence ou autre ; ce peut-être une somme d'argent, une unité de poids de 35 kilos d'une valeur de 6000 deniers. Un denier correspondait en gros au salaire d'une journée de travail. Et un talent, c'était de 20 à 30 années

de salaire, pratiquement toute une vie. Quand Jésus nous parle de cet homme qui donne cinq talents, deux talents puis un, il s'agit d'une fortune considérable. Il n’a pas compris que cette somme énorme lui était « confiée ». Il n’a pas vu cette confiance.

            Mais ce que Jésus veut nous faire comprendre est bien plus important. Ce que Jésus rejette, ce n’est pas les personnes mais une attitude envers Dieu qui peut toujours être la nôtre. Nous risquons, nous aussi, de ne penser qu’à notre sécurité personnelle. Certains pensent en effet être en règle avec Dieu en observant méticuleusement la loi, en remettant à Dieu exactement la même somme qui leur a été confiée. Cet homme qui rend son talent a déçu son Seigneur qui attendait bien plus. Il attendait un engagement risqué envers sa personne. Il attendait la foi. Au nom de notre baptême et de notre confirmation, nous avons à prendre souci des intérêts de Dieu, nous avons à miser toute notre vie sur Lui. Celui qui fait confiance ose prendre des risques, il est poussé continuellement à se dépasser, à donner le meilleur de lui-même.

            Si Jésus emploie des images si fortes, c’est qu’Il a un message important à nous transmettre. Il veut nous faire comprendre que Dieu nous confie gratuitement ses biens les plus précieux. Ces biens continuent à lui appartenir. Ce qu’il nous demande, c’est de les gérer, de les faire fructifier en donnant le meilleur de nous-mêmes. Ces biens qui nous sont confiés, c’est l’Évangile de Jésus Christ.

         Ces talents, cette fortune immense, c’est le Royaume de Dieu qu’il nous faut faire grandir. Celui qui a reçu cinq talents les a fait fructifier ; de même celui qui en a reçu deux. Peu importe le nombre de talents reçus ; l’essentiel c’est que chacun tienne bien sa place et assume ses responsabilités là où il est. C’est à nous de mériter la confiance que Dieu nous fait. Il y a diversité de dons spirituels, mais c’est le même Seigneur qui agit en nous. Chacun doit y apporter sa contribution. Personne ne peut prendre nos responsabilités à notre place. Puis un jour, c’est le retour du « Seigneur ». Le moment est venu de rendre des comptes. Qu’avons-nous fait de notre baptême ? Est-ce que nous avons mis toutes nos énergies et toute notre intelligence au service du Royaume de Dieu ?

La signification de cette parabole est claire : l’homme qui part en voyage c’est Jésus ; les serviteurs c’est nous. Les talents c’est le patrimoine que le Seigneur nous confie, c’est sa Parole, son Eucharistie, c’est la foi en Dieu notre Père, c’est son pardon, c’est encore des frères et des sœurs à aimer, c’est prier pour les autres. C’est ainsi que le Seigneur nous confie ses biens les plus précieux. Il ne nous demande pas de les conserver précieusement dans un coffre-fort mais de les faire fructifier. Il veut que nous les utilisions pour le bien des autres. C’est ainsi qu’ils fructifient. Si le Seigneur nous donne sa miséricorde, sa tendresse et son pardon, c’est pour que nous en fassions un bon usage.

            Chacun peut se poser ces questions : Combien de personnes avons-nous encouragées par notre espérance ? Combien d’amour avons-nous partagé avec notre prochain ? Le témoignage que le Seigneur attend de nous doit être ouvert à tous, même à ceux et celles qui sont loin de lui. L’évangile ne nous a pas été donné pour que nous le gardions en conserve mais pour que nous lui fassions produire du fruit. Et nous sommes tous responsables de cette fructification, chacun pour notre part. Un jour, nous aurons à en rendre compte !

            Voilà un appel qui nous rejoint tous : quels que soient notre âge, notre situation, notre état de santé, personne n'est privé des dons de Dieu. Il donne à chacun selon ses possibilités ; il nous demande de donner le meilleur de nous-même pour les faire valoir au service des autres. Nous sommes tous envoyés

dans le monde pour témoigner de cet amour qui est en Dieu. Nous vivons dans un monde dur et violent. Nous sommes tous invités à y être des semeurs de paix, de joie et d'amour. Notre action c'est comme une semence qui doit donner son fruit pour le Royaume. Et c'est ainsi que nous pourrons entrer dans la joie de Dieu

Amen

 

Homélie du 32ème Dimanche Ordinaire - Année A / Patrice RÉTY /  Diacre permanent

 

Voir l'évangile

 

 

Ne pas manquer le rendez-vous de la rencontre avec le Seigneur

     La porte est fermée et elles ne peuvent entrer. Beaucoup se sont laissé gagner par le sommeil. 

     L'usure du temps, la fatigue, la routine, la souffrance endorment notre foi et notre espérance. On s'installe dans l'insouciance et on oublie celui qui donne son vrai sens à notre vie. Il ne nous suffit pas d'être invités pour entrer, il faut surtout être prêts. L’évangile d’aujourd’hui ne veut pas être une condamnation ou une menace, bien au

contraire c’est un appel à l’amour, un appel à vivre dans l’amour de Dieu en le suivant, en accordant notre vie à sa parole, qui est vie et source de grâces.

     Les sages, les prévoyants, les avisés, ce sont ceux et celles qui ont choisi de s'installer dans la fidélité. Ils se sont donnés des temps réguliers de prière. Ils se sont nourris de la Parole de Dieu et de l'Eucharistie. Ils ont compris qu'un feu qui n'est pas alimenté s'éteint vite. Un jour, Jésus a dit : "Gardez vos

lampes allumées" : Cette lampe qui doit rester allumée c'est celle de notre conscience. Pour nous chrétiens, c'est celle de notre foi, celle de notre espérance, celle de la prière. L'huile de cette lampe, c'est l'amour de Dieu qui doit imprégner toute notre vie. Le problème c'est que parfois, il y a des tempêtes dans notre monde et notre vie. Chacun pense à la pandémie qui bouleverse notre monde. Beaucoup souffrent de la violence, du rejet.  Ils n'ont plus la force d'espérer. Mais le Seigneur est toujours là. Rien ne peut nous séparer de son amour. Comme autrefois sur le lac de Galilée, il nous redit : "Pourquoi avoir douté, hommes de peu de foi ?" Cet Évangile est donc pour nous un appel pressant à puiser à la source de cet amour qui est en Dieu.

     Nous avons pu être surpris par la dureté de la réponse à celles qui arrivent après les autres. La porte est fermée et elles ne peuvent entrer. Si durant notre vie, nous fermons la porte à Dieu, il ne faut pas s'étonner de ce qu'elle reste fermée à son retour. Ce sera la conséquence de

notre choix. Le Seigneur est là. Il frappe à notre porte pour nous inviter à le suivre. Il est lui-même la porte des brebis, une porte toujours ouverte et accueillante. C'est par lui que nous sommes invités à passer pour entrer dans cette grande fête dont nous parle l'Évangile de ce dimanche. Personne ne peut le faire à notre place.

L’huile de cette lampe qui doit rester allumée c’est l’amour de Dieu qui doit imprégner notre vie. C’est ainsi que nous entretenons notre désir de Dieu et de son Royaume. Cette provision d’huile précieuse nous est offerte chaque dimanche à la messe. La Parole de Dieu et l’Eucharistie sont une nourriture qui nous permet de rester en état de veille. C’est chaque jour que le Seigneur vient à notre rencontre pour nous modeler à son image.

Prions : que Dieu, notre Père, nous donne la force d'être des veilleurs actifs et vigilants au cœur de ce monde en quête de lumière.

Amen

 
 
Homélie du 26ème Dimanche Ordinaire - Année A / Père YVES GARRUCHET

Évangile : « S’étant repenti, il y alla » (Mt 21, 28-32)

Homélie messe des familles et rentrée paroissiale 27/09/2020 10h Sanvignes-les-Mines

Chez nous les vendanges sont faites, mais il y en a encore dans le Midi, et en Alsace il en existe des tardives. Dimanche dernier, Jésus se servait de l'image des vendanges du raisin pour raconter la parabole du propriétaire d'une vigne qui, tout au long, de la journée, appelle des ouvriers à ce travail de récolte. Et, aujourd'hui, c'est avec la parabole d'un père aux deux fils qu'il nous dit que Dieu nous appelle au travail de sa vigne à lui. Or sa vigne à lui, c'est son Royaume, c'est son peuple, son Église dont les limites sont celles de l'Esprit Saint. Et cette vigne est à entretenir et à tailler pour qu'elle produise de beaux fruits.

Comme vous le savez, le fruit de la vigne, c'est le jus de raisin, et quand il est alcoolisé on l'appelle du vin ! Mais le fruit ultime de la vigne de Dieu, c'est la joie. Dans un monde où il n'y aurait plus d'ouvriers pour la vigne du Seigneur, si tout le monde tel le fils de la parabole disait d'un seul cœur : « Oui, Seigneur ! » mais sans se préoccuper en fait du souci du Père éternel, alors il n'y aurait plus guère de joie dans le monde. On se recroquevillerait dans sa chambre sur son écran sans vraiment ouvrir les yeux sur les besoins du monde.

Le Seigneur Dieu appelle encore et toujours, de multiples manières, à des services très divers et variés. Mais pour répondre, encore faut-il entendre, pas seulement avec son oreille qui réagit en faisant dire par la bouche seulement « Oui, Seigneur ! », mais avec son cœur. Laisserons-nous l'appel du Seigneur descendre jusque dans notre cœur ? La Deuxième lecture décrivait cette descente du Christ Serviteur aux enfers, c'est-à-dire au séjour des morts : c'est la descente de sa parole dans nos cœurs engourdis par la mort, afin de réveiller nos cœurs, afin que nos cœurs de pierre deviennent des cœurs de chair, afin que nos cœurs puissent enfin accueillir sa vie. Mais peut-être avons-nous le cœur trop endurci ? Peut-être estimons-nous que notre vérité est supérieure à celle du Seigneur... Peut-être même qu'à sa place nous parviendrions à mieux conduire l'univers qu'il ne le fait ?

En tout cas, lui, il veut avoir besoin de nous, et il pense que nous sommes capables de bien travailler à sa vigne. Église, c'est un mot qui veut dire assemblée convoquée, c'est le signe que Dieu appelle sans cesse et sans se lasser. L'Église est signe visible de l'amitié que Dieu nous propose de vivre avec lui qui nous a créés et voulus. Et si un jour personne ne répond plus à l'appel, elle cessera d'être visible.

Dans notre paroisse, nous vivons des choses ensemble afin de répondre à cet appel : il y a la messe du dimanche, comme aujourd'hui, et le catéchisme qui peut faire réfléchir et bouger des enfants, leurs parents et des personnes qui aident leurs enfants à mieux connaître Jésus et la vie ensemble à laquelle il nous appelle. Des personnes qui s'occupent de ce qu'il faut pour dire la messe, de laver et repasser les linges qu'on utilise, de l'animation des chants, d'entretenir, nettoyer et

fleurir le bâtiment de l'église, de l'ouvrir tout simplement. Cela prend du temps. Du temps qu'on n'a pas ? Ou du temps pour Dieu, pour les autres et pour soi ? Il y a encore la préparation des baptêmes et mariages, l'accompagnement des familles en deuil, autrement dit des étapes très importantes dans une vie, des moments de fête, et d'autres de peine car Dieu sait qu'une vie n'est pas faite que de plaisir, mais qu'il faut aussi aider les gens qui sont dans la douleur. Il y a d'ailleurs des personnes qui visitent les malades, à domicile, en EHPAD, ou à l'hôpital, d'autres qui discrètement sont attentives aux isolés, à nos aînés. Il y a aussi les groupes Espérance et Vie dans lesquels les veuves et les veufs peuvent confier leurs difficultés, et réfléchir ensemble, comme dans le Mouvement des Chrétiens Retraités avec un livret très nourrissant.

C'est important de nourrir sa foi, autant que de remettre du bois dans le feu, ou que d'arroser une plante. Il y a donc également un groupe biblique pour approfondir le trésor de la Parole de Dieu :

ouvrir ensemble le Livre, c'est la rendre vivante pour aujourd'hui ; mais si on laisse le coffre toujours fermé, le trésor moisit et ne sert à personne. Pour que ce trésor soit connu, il y a l'équipe du bulletin, et les personnes qui suivent l'overblog.

Ce que nous dit Jésus également dans sa manière d'être, c'est qu'il nous encourage à accueillir les autres comme un visage de Dieu. Ah ? d'accord, « oui, Seigneur ! » mais pas celui-là, il est insupportable... Et pas celle-là, elle n'est pas dans les clous !... Quelle image de l'Église donnons-nous ? Accueillante ? Donnons-nous aux gens une chance de faire un pas dans l'Église ? Ou donnons-nous assez de crédit aux gens qui la soutiennent de leur présence active ? Comme elle est précieuse, l'équipe qui accueille à la cure à Montceau-les-Mines, répondant au téléphone et recevant les gens pour toutes sortes de préoccupations, remplissant des fiches et des registres. Et la secrétaire qui part en retraite fin décembre et ne sera pas remplacée ! Mais pourquoi ce sont des laïcs et pas un prêtre ? Peut-être parce qu'il n'y plus un prêtre pour chaque clocher, et un aumônier pour chaque service et mouvement d'Église ? Faut-il cloner le Père Yves Garruchet ? Je ne vous le recommande pas !... Oui, le Seigneur appelle aussi des prêtres et des vocations religieuses... Et le jour où il n'y aura plus de prêtres, qui dira la messe ? Et quand il n'y aura plus de religieuses, qui prendra soin de l'amour de Dieu ? Vous sentez-vous concernés ? Par ces appels spécifiques ? Ou simplement par un service à rendre ici ou là, qui paraît petit, mais qui en fait est essentiel pour que l'Église reste visible ? De vendre un calendrier d'éducation chrétienne, par exemple. De faire rentrer quelques sous dans la caisse. Le conseil paroissial des affaires économiques est particulièrement sensible à la question du denier de l'Église, des quêtes, offrandes et dons, etc. C'est le fameux conseil de fabrique qui, au prieuré de Perrecy-les-Forges, s'asseyait dans les stalles du fond du choeur, d'où le verbe s'installer, dans ces stalles qui pour qu'on puisse être debout aussi mais sans se fatiguer présentent des petits rabats fessiers qu'on appelle avec humour des miséricordes ! Vous irez regarder par vous-mêmes.

Ma mémoire n'étant pas aussi bonne que celle de Dieu, il y a probablement des services dont je n'ai pas parlé, il y a aussi celui de l'équipe d'animation pastorale qui aide le curé dans sa charge car lui également est invité à entendre ce qui vient de la part du Seigneur ! Quelle part prenons-nous dans le combat de la vie de l'Église ? Le Père Jean-François Arnoux pose la question dans un très intéressant édito du bulletin, que vous trouverez sur la table à l'entrée.

Bénédiction d'envoi

Puisque vous vous êtes levés, je suppose que vous vous sentez concernés par l'homélie que j'ai prononcée, membres de l'Équipe d'Animation Pastorale, catéchistes et animatrices de la liturgie avec qui j'ai préparé cette messe, et vous aussi parents qui avez le souci de faire catéchiser vos enfants, grands-parents qui avez le souci de l'éducation chrétienne, enfants et jeunes qui cherchez à mieux connaître Jésus... alors recevez la bénédiction qui vient du Seigneur.

Ô toi qui nous aimes depuis toujours, aide-nous à travailler dans ta vigne pour que ta volonté de vie soit accomplie, donne-nous pour cela les outils nécessaires, Dieu de compassion et d'engagement, de tendresse et de miséricorde, la volonté de servir ton Royaume, le courage pour commencer et aussi pour persévérer, la force de l'Esprit Saint pour accueillir ton appel tel qu'il vient, les souliers de la foi pour aller, la hotte de l'espérance pour récolter, et le sécateur de l'amour pour récolter les fruits du Bien. Donne-nous aussi de savoir trouver du bon en l'autre, donne-nous le goût de nous investir dans ton projet, donne-nous ton sens de l'accueil et de la proximité pour rejoindre les gens, donne-nous encore d'apprendre à nous réconcilier.

Le Seigneur soit avec vous. R/ Et avec votre esprit.

Dieu a manifesté dans le Christ son amour et sa vérité. Qu’il fasse de vous les messagers de l’Évangile et les témoins de son amour dans le monde. R/ Amen.

Le Seigneur Jésus a promis à son Église sa présence jusqu’à la fin des temps. Qu’il dirige vos pas et confirme vos paroles. R/ Amen.

Que l’Esprit du Seigneur soit sur vous pour que vous alliez sur les chemins du monde annoncer aux pauvres la Bonne Nouvelle et guérir les cœurs brisés. R/ Amen.

Et que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. R/ Amen.

 

Homélie du 23ème Dimanche Ordinaire - Année A / Père Jean-Noël DEVILLARD

Évangile : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul » (Mt 18, 15-20)

 

Chers amis,

la vie fraternelle n’ est pas facile.

On peut participer à la messe, se donner le baiser de paix et à la sortie critiquer telle ou tel… Semer la zizanie, diviser.

-      Même à l’intérieur des familles. Les tensions peuvent être nombreuses, et parfois le dialogue  bloqué.

-      Au  travail, entre collègues, les intérêts divergents, les luttes de pouvoir grandes ou petites, les jalousies ne manquent pas.

Dans la vie courante. Je vous donne un fait qu’on m’a raconté ,il y a 2 semaines. Ça se passe dans un EPHAD.

2 personnes  âgées. Une a 90 ans, l’autre 88. Une est jalouse parce que l’autre a une chambre plus belle, mieux placée ... un jour l’une passe sur son fauteuil roulant conduite par une aide soignante. L’autre lui fait signe... Ah c’est toi ?  Elle s’approche pour la saluer… Geste de refus. Vous, je ne veux plus vous voir ! stupéfaction... humiliation. C’est fini, je ne ferai plus de démarche pour aller vers elle.

Les 2 dames se retrouvent 15 jours après pour une célébration. La personne en fauteuil roulant, fait un signe de la main. « Comment ça va ? »  Elles se parlent. je ne remercierai jamais assez le Bon Dieu...

Je vous raconte cela pour dire qu’il ne faut jamais dire jamais... espérer, demander l’Esprit Saint...

-      En paroisse, les difficultés ne manquent pas non plus :  liées à nos sensibilités, nos fragilités.

.C’est la réalité. Rêver d’une vie lisse et unie en permanence, sans aucun accroc, sans aucune fatigue, sans aucun différend est un leurre. Cf les zizanies entre les apôtres, dans les actes, entre prêtres, au sein d’une communauté religieuse.

C’est de cette réalité-là dont parle Jésus dans cet évangile : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va...».

Jésus nous invite à ne jamais baisser les bras, à ne pas perdre courage, à ne pas mettre les frictions sous le tapis, et à chercher à dépasser les difficultés par le dialogue.

Mais Jésus ne nous donne pas de consignes très précises, qu’il faudrait suivre au pied de la lettre. Eh non ! Ce serait réduire nos relations humaines à des échanges mécaniques et codifiés.

il ne s’agit pas d’instruire le procès en excommunication de quelqu’un.

La démarche de correction fraternelle proposée par Jésus est une recherche de réconciliation et non un jugement.

Jésus nous propose de persévérer dans nos tentatives pour ramener vers la vie une personne qui s’engage dans un chemin dangereux.

Jésus demande de prendre tous les chemins du dialogue de vérité, seul à seul, dans la discrétion, et s’il le faut aidé par une ou 2 personnes... non pas pour humilier, mais lui tendre la main... Reviens... Reviens à la vie ! Tu comptes pour moi !

Si la question est grave, fais-toi aider par la communauté.: « vois, tu as du prix à nos yeux Reviens ! reviens à la vie ».

Ces mêmes mots, ces mêmes cris, le Seigneur les dit avec nous. On les lit dans les textes du prophète Isaïe ! « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime ! » Nous pouvons facilement comprendre que, lorsque deux ou trois personnes se rassemblent pour demander à quelqu’un de revenir à la vie, Jésus se joint à eux.

Lorsque nous nous rassemblons pour la messe, nous prions « pour la gloire de Dieu et le salut du monde » ? Oui, nous prions pour que le Christ lui-même vienne présenter nos pauvres relations à son Père et que l’Esprit Saint vienne tout vivifier, renouveler, recréer, sur la terre comme au ciel.

Elle consiste à aller au devant de son frère, et à prendre soin de lui comme Jésus l’aurait fait, parler à l’autre comme Jésus l’aurait fait, trouver les mots, les gestes inspirés par l’amour, comme Jésus l’aurait fait.

Nous sommes  des serviteurs de Dieu, nous essayons de préparer la terre pour la belle rencontre avec Dieu ; Bonne rentrée à tous ! Amen

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Les lectures bibliques de ce dimanche nous rejoignent en période de rentrée. Beaucoup d’activités communes, scolaires ou autres, reprennent leur cours. À cette occasion, il nous est utile de réfléchir à nos responsabilités. Qu’est-ce qui doit nous guider dans nos relations avec les autres ? Cette question se pose depuis toujours et elle occupe une place importante dans la liturgie de ce jour.

C’est ce qui se passe avec le prophète Ézéchiel au temps lointain de l’exil à Babylone. Nous le voyons se sentir responsable de sa communauté. Il s’entend appelé par le Seigneur et reçoit la mission de “guetteur” pour la maison d’Israël. Dieu ne lui demande pas de surveiller ses proches mais d’être un gardien qui veille sur eux ; il doit tout faire pour les empêcher de prendre le mauvais chemin. Le psaume qui suit nous montre la route à suivre : “Écoutez la voix du Seigneur ; ne fermez pas votre cœur.

Quelques siècles plus tard, saint Paul viendra apporter un éclairage nouveau. S’adressant aux chrétiens de Rome, il leur rappelle les éléments essentiels de la loi : pas d’adultère, pas de meurtre, pas de vol, as de convoitise… Mais il invite à aller plus loin : ” Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même… Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour.”

L’Évangile vient préciser un aspect important de cette loi de l’amour, notamment en ce qui concerne les relations dans la communauté des disciples. Pour comprendre ce message, nous devons nous rappeler que nous sommes tous membres de la famille de Dieu et qu’il ne veut pas qu’un seul se perde. Il veut ramener à lui tous ses enfants dispersés. Il nous invite à partager son souci en nous aidant mutuellement à vivre en enfants de Dieu. Notre mission n’est pas d’épier le péché de notre frère mais de lui montrer le chemin qui peut le sauver.

Nous ne devons jamais oublier que celui qui a péché est d’abord notre frère. Avant d’être un coupable, il est un frère qu’il faut aimer, un malade qu’il faut soigner et guérir. Il ne s’agit plus d’accuser ou de dénoncer mais d’avoir un regard fraternel qui accueille et redonne confiance. C’est cette attitude qu’a eu Jésus envers la Samaritaine. Il a eu une qualité d’écoute et un regard qui ont provoqué en elle ce retournement et cette conversion.

Si cette rencontre individuelle n’aboutit pas, Jésus nous invite à faire comme le médecin qui fait appel à un confrère : “Prends avec toi deux ou trois personnes…” A deux ou trois, on y voit plus clair. On arrivera à mieux le persuader. Puis en cas de refus, on va le dire à la communauté de l’Église. Elle va tout faire pour le porter dans sa prière et le ramener à Dieu.

“S’il n’écoute pas l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.” Non, ce n’est pas la condamnation finale qui exclut le pécheur. C’est lui qui s’est mis en dehors. Tout doit être entrepris par l’ensemble de la communauté pour ramener celui ou celle qui s’est égaré en prenant une mauvaise orientation. Nous connaissons tous la parabole de la brebis perdue. Son maître fait tout pour la retrouver. On peut dire qu’actuellement, c’est tout le troupeau qui est perdu. Nous sommes tous concernés. Personne n’a le droit de dire que ce n’est pas son problème. Nous sommes tous responsables les uns des autres : un jour, Dieu nous posera la question : “qu’as-tu fait de ton frère ?”

Cet Évangile se termine par un appel à nous unir dans la prière. Quand nous sommes réunis en son nom, Jésus est là. Il est présent aujourd’hui dans l’Eucharistie qui nous rassemble. Il nous rejoint pour mettre son amour en nos cœurs. C’est avec lui que nous pourrons refaire la communion qui est cassée. Et surtout, n’oublions jamais que pour gagner tous ses frères, Jésus s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix. Alors “aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur. Amen

Homélie du 5ème dimanche du Temps Ordinaire / Patrice RÉTY, diacre permanent

(Mt 5, 13-16)

« Vous êtes la Lumière du monde ! » En disant cela, Jésus s’adresse à des disciples rassemblés autour de lui. Il rejoint aussi chacun de nous car le dimanche, nous nous réunissons en son nom. Tant mieux si la lampe est belle mais ce n’est pas le plus important. Ce qu’on attend d’elle en priorité, c’est quelle éclaire pour que chacun puisse voir clair là où on l’a placée. Jésus nous dit aussi que nous sommes le sel de la terre. Le sel est un élément indispensable. S’il manque, le repas sera moins bon.


Le sel et la lumière n’existent pas pour eux-mêmes mais pour les services qu’on leur demande. Quand Jésus nous dit que nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde, ce qui compte c’est la terre et le monde. Cela signifie qu’il nous met tous en situation de missionnaires. Notre présence est indispensable. Mais nous ne devons pas oublier que l’Église existe pour le monde et pas pour moi tout seul de même que je ne suis pas l’Église ! Voilà qui nous remet à notre juste place. Nous, disciples du Christ, nous sommes au service du monde.

 

Le sel et la lumière ont un point commun : ils sont des révélateurs. Le sel met en valeur la saveur des aliments. La lumière fait connaître la beauté des êtres et du monde. Les aliments existent avant de recevoir le sel. Les êtres et le monde existent avant d’être éclairés. Cela nous en dit long sur la mission que Jésus confie à ses disciples et à nous-mêmes. Si personne n’a besoin de nous pour exister, nous avons tous un rôle spécifique à jouer.


En étant le sel de la terre, nous avons à révéler aux hommes la saveur de leur vie. Nous pensons à tous ceux et celles qui, sans faire de bruit, se dévouent au service des autres. Notre mission d’aumônier en EHPAD/Hôpital c’est de témoigner que le Royaume de Dieu est là dans tous ces gestes et ces paroles d’amour.

Notre rôle c’est de révéler le Nom de Celui qui agit à travers eux.

Dieu est présent partout où il y a de l’amour.

 

En tant que lumières du monde, nous sommes là pour mettre en valeur la beauté du monde. C’est le regard d’amour qui révèle le vrai visage des personnes et des choses. Mais tout cela ne peut se faire que dans la discrétion et l’humilité. Nous savons bien que trop de sel dénature les aliments et les rend répugnants. Une lumière trop vive écrase ceux qu’elle veut éclairer. Pour être sel et lumière, il faut d’abord aimer. C’est absolument indispensable. Car l’évangélisation n’est pas une conquête mais une annonce de la bonne nouvelle. Et cela ne peut se faire que dans une présence d’amour. L’apôtre saint Paul le rappelle aux corinthiens et à chacun de nous : seuls les pauvres et les humbles peuvent prêcher le Royaume.

 

La première lecture nous dit combien cette présence peut être exigeante : être lumières du monde c’est se mettre au service de nos frères en leur rendant visite, c’est partager le pain ou les vêtements, surtout en cette période d’hiver ; c’est faire tomber les obstacles qui empêchent les hommes d’être libres. À travers tous ces gestes et ces paroles d’amour, ceux qui nous entourent découvriront la source de tout amour. Ils découvriront que le projet de Dieu sur les hommes est un projet de justice et de paix.


À l’inverse, on peut vraiment se demander comment les hommes peuvent croire au projet d’amour de Dieu si nous restons enfermés dans notre égoïsme et notre indifférence. À ce moment-là, nous donnons une mauvaise image de notre Dieu. Ce n’est que par nos gestes de justice et de solidarité que notre témoignage sera crédible. Nous ne devons pas oublier les paroles d’Isaïe -partager- sinon le sel risque fort de s’affadir.


Dans quelques semaines, nous allons commencer le temps du Carême. Nous serons invités à examiner quel est le jeûne que Dieu préfère. Nous réentendrons des appels à partager avec celui qui est démuni. Tout au long de ces quarante jours, nous serons invités à nous ressourcer, à retrouver le goût de Dieu par la prière et l’accueil de sa parole. Nous ne pouvons être lumières du monde qu’en accueillant celle qui vient de Dieu. Si chacun met son grain de sel d’Évangile, la vie aura un goût de Dieu. Ce qui peut éclairer le monde, c’est notre charité, le spectacle de notre amour mutuel.


Nous allons recevoir le Pain de Vie à la Table du Seigneur ; c’est là que nous allons puiser le pouvoir et la force d’être fidèles à une telle mission.

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Homélie du 2ème dimanche du Temps Ordinaire / Olivier JOLY, diacre permanent

Après le baptême de Jésus par Jean le Baptiste la semaine dernière, nous entrons ce dimanche dans le temps liturgique dit ordinaire.

Mais que comprenons-nous par ce terme ordinaire ? Qu’il s’agirait d’un temps banal, moins solennel, moins important que les temps de fête et les temps où nous nous préparons à recevoir Jésus par sa naissance et le Christ dans sa Gloire ?

Si c’est le cas, alors détrompons-nous. Car que venons-nous faire chaque dimanche matin à la messe, que ce soit en temps dit ordinaire ou en jour de fête ? Eh bien nous faisons mémoire à chaque fois, de la résurrection de Jésus devenu Christ, pour sauver tous les hommes, au matin de Pâques. Le Dimanche qui est le jour du Seigneur est tout aussi important que Noël et Pâques. Ce temps improprement qualifié d’ordinaire avec nos définitions d’aujourd’hui, nous fait cheminer spirituellement jusqu’à la Passion du Christ annoncée tout au long de l’Evangile avant sa mort et sa résurrection.

Saint Paul dans la 2e lecture, nous dit que déjà les premières communautés qui ont décidé de suivre le Christ, le célébraient chaque semaine comme en témoignent les premiers chrétiens de Corinthe.

Mais mis à part la ferveur des corinthiens, ce qui est déjà beaucoup, que nous disent les textes aujourd’hui ?

Dans la première lecture, Isaïe nous présente le Peuple élu, le Peuple choisi pour le service qu’est le Peuple Hébreu, qui à ce moment-là de l’histoire vit déporté en esclavage à Babylone. Nous sommes environ entre -600 et -580 avant JC. C’est bien ce peuple tout entier qui est appelé au service et non un homme seul. Et c’est parce que ce Peuple se mettra au service de Dieu que Celui-ci lui montrera sa Gloire : « Israël, en toi je manifesterai ma splendeur ». Il lui promet son Salut, le sauvera du péché, mais pour cela, ce peuple devra marcher dans les pas du Seigneur et suivre ses commandements. Le Seigneur appelle son Peuple à se rassembler, à ramener les égarés, les rescapés, en grande souffrance et désespoir à Babylone. Le Seigneur les invite à espérer à un avenir meilleur. Le Pape François parle aujourd’hui des périphéries, des portes de l’Eglise. Ce texte vieux de plusieurs centaines d’années avant la naissance de Jésus Christ est encore terriblement d’actualité. Nous sommes tous invités à mettre nos pas dans ceux du Christ, pour son service et celui de nos frères, nous sommes invités à la mission. Il est non seulement d’actualité mais ouvert à l’humanité toute entière : « …pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la Terre. »

Dans le psaume, l’invitation au service est là aussi présente. Ce service est ici l’expression du sacrifice idéal où nous sommes tous invités, non pas par des dons matériels de toute sorte à Dieu pour entrer en communication avec Lui, mais en faisant don de soi-même pour les autres. Dieu ne nous demande pas des holocaustes, de tuer des animaux pour entrer en intimité avec Lui car il est le Dieu de l’Amour et non le Dieu de la mort , il est Amour Lui-même. Il ne nous demande pas de grandes choses non plus, mais juste d’être là, au milieu des hommes et de les aimer chacun à sa manière, par des actes propres à chacun : « Voici, je viens ». Et le commandement du Christ est perpétuel, il n’y a rien de nouveau depuis 2000 ans car il est dit encore dans le psaume : « Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse ».

Cela ne nous aura donc pas échappé, dans les lectures de ce jour, nous sommes tous appelés, par notre baptême, à nous mettre au service du Seigneur et de nos frères, avec les témoignages qui nous sont faits : celui du Peuple Hébreu, Saül devenu saint Paul par la volonté de Dieu, la communauté de Corinthe et bien sûr sans oublier Jean Baptiste. Ce dernier annoncera la venue du Messie en la personne de Jésus au milieu des hommes en le baptisant dans le Jourdain la semaine dernière et explique aujourd’hui pourquoi avoir baptisé celui qui le dépasse. En effet, pour pouvoir sauver les hommes du péché, Dieu fait Homme a dû embrasser toute notre humanité, excepté ce péché en se mettant à la hauteur de l’homme pour être reconnu par lui. Cela passe aussi par un baptême d’eau, lui qui baptisera dans l’Esprit par la suite.

Mais ne croyons pas que nous décidons de notre propre volonté de mettre nos pas dans les pas du Christ, cela nous dépasse, c’est bien Lui qui décide de tout pour nous. L’Apôtre Jean écrit dans son Evangile : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure ». Et pour que notre arbre fruitier soit fécond, que nous puissions être efficacement à son service, il nous donne son corps dans l’eucharistie, l’alpha et l’oméga de notre Foi chrétienne.

Le passage de l’Evangile de Saint Jean que nous venons d’entendre nous invite à la table de l’eucharistie avec cette parole que nous retrouvons chaque dimanche avant la communion : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Cette parole nous rappelle nos origines, l’image de l’agneau symbolisant l’agneau mangé lors de la Pâque juive pour faire mémoire de sa libération d’Egypte. Mais cet Agneau c’est aussi et surtout le Christ qui vient nous libérer de nos péchés par sa mort. En cela cette parole nous ouvre vers le monde, vers les autres, vers nos frères.

Que cette eucharistie nous porte donc vers les autres à aider et à aimer par des petits gestes simples d’amour dans notre vie de tous les jours.

Dieu ne perd pas de temps pour nous envoyer en mission, peu de jours après le temps de Noël, car la tâche reste immense.

Cette ouverture aux autres pourrait se faire par exemple ces jours-ci en direction de nos autres frères chrétiens puisque nous entrons dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier . Ce temps de prière s’appuie sur le verset 2 du chapitre 28 des actes des Apôtres suivant : « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire ». Tiens, tiens nous retrouvons ici encore ce mot de « ordinaire »…. Pour vivre cette unité des chrétiens, puisque que Dieu est unique, nous sommes invités, avec nos frères protestants et orthodoxes, pour ceux qui le peuvent, à un temps de prière œcuménique le mercredi 22 janvier à 18h30 à l’église Saint Eugène au Creusot.

Dites-nous si vous êtes intéressés pour y aller, nous organiserons du co-voiturage.

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