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Le Doyenné de Montceau les Mines et  ses 4 paroisses   St Jean, St Matthieu, St Luc, St Marc

61/7 Homélies des solennités, fêtes et mémoires

ANNÉE B

Homélie du dimanche de la Sainte Famille - ANNÉE B / Patrice RÉTY, diacre permanent

Voir l'Évangile

La foi qui sauve

Nous célébrons aujourd'hui la fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph nous invitent à être des apôtres de la famille pour qu'elle soit d'abord une communauté d'amour et de partage, une source de paix, de joie et d'équilibre. C'est là que nous apprenons la compréhension mutuelle, l'écoute de l'autre, le respect, le pardon, le service et la patience. Nous savons que dans toute vie familiale, il y a des moments difficiles, des épreuves douloureuses. La vie est un combat de tous les jours contre l'orgueil, l'égoïsme, la rancune, la fatigue, la routine, l’incompréhension, déduction sur une simple parole par manque d’écoute…"Satan nous tire vers la bas". Mais dans ce défi à surmonter, nous ne sommes pas seuls, le Christ est là. Si nous le voulons bien, il sera toujours avec nous pour nous apprendre à être des artisans de paix, d'unité et de réconciliation. Avec lui, les puissances du mal n'auront pas le dernier mot.

La Sainte Famille de Jésus Marie et Joseph nous est présentée comme le modèle de toutes les familles. Cette année, les lectures bibliques n'ont pas mis l'accent sur les vertus familiales mais sur la foi. Nous avons là un autre aspect de cette fête. Elle nous rappelle que la foi est une dimension essentielle de la vie familiale. Elle tisse des liens très forts entre les personnes que tant de choses séparent.

Il faut le dire et le redire : la foi façonne des existences solides. Elle nous aide à faire face aux problèmes de la vie.

            C'est dans la famille que, normalement, les enfants reçoivent les valeurs structurantes de l'amour, de la spiritualité et de la foi. Dans beaucoup de familles, cette mission est remplie avec une grande générosité et cela fait plaisir à voir.

L’Évangile nous montre Marie et Joseph qui se rendent au temple pour présenter leur enfant au Seigneur. Malgré leur destin exceptionnel, ils restent fidèles aux rites de la loi de Moïse. Certains prétendent parfois que la foi seule suffit et qu'il n'y a pas besoin de tous ces "rites religieux". L'humble démarche au Temple de cette famille exceptionnelle nous rappelle que les rites religieux ne sont pas des simagrées. Ils peuvent et ils doivent être une façon d'exprimer ce qui se passe dans le cœur. L’Église nous invite à certaines démarches qui expriment et nourrissent la foi.      

Voilà cette rencontre extraordinaire entre deux jeunes époux Marie - Joseph et deux personnes âgées Syméon et Anne. Ils sont remplis de joie et d’action de grâce. C’est Jésus qui les fait se rencontrer. Et c’est toujours vrai dans notre monde d’aujourd’hui : c’est Jésus qui rapproche les générations. Il est la source de cet amour qui unit les familles. En lisant cet Évangile d’aujourd’hui, notre pape François nous invite à penser aux grands-parents. Leur rôle est absolument précieux pour la transmission de la foi aux jeunes générations.

           

Que retenir de ces textes bibliques ? Tout d'abord une invitation à approfondir notre foi pour qu'elle soit plus vivante et plus forte. Jésus nous est présenté comme la Lumière des nations. Vivre Noël, c'est accueillir cette lumière dans nos vies, dans nos familles. C'est avec lui que nous pourrons grandir dans la foi. Elle va nous pousser au témoignage joyeux, serein et convaincu. La foi est une amitié avec le Christ, le Fils de Dieu et unique sauveur du monde.

En lisant cet Évangile, nous devons nous rappeler que nous aussi, nous avons été présentés au Seigneur. C'était au jour de notre baptême. Nous avons été introduits dans une grande famille qui s'appelle l'Église. Avec tous les membres de cette famille, nous sommes invités à nous rassembler autour du Christ notre Sauveur. Il ne cesse de venir à nous, mais comme Siméon et Anne, nous ne pourrons le reconnaître que si nous avons un cœur de pauvres. Ouvrons nos cœurs aux merveilles de son amour.

Marie et Joseph, la Sainte Famille mais pourquoi ne pas parler de notre famille tout simplement ?

Constat est fait que nous ayons tous envie de nous rapprocher du fonctionnement de la Sainte Famille ! Quelle est la famille parfaite ? Vous connaissez beaucoup de gens qui vous disent en vérité : chez moi tout va bien ? Moi pas. Mon épouse et moi, malgré nos missions en diaconat sont des hommes/des femmes comme les autres avec leurs souffrances familiales mais cela ne nous empêche pas de par nos missions, de partager les souffrances des autres, des personnes qui ont mal, qui peinent dans leur vie. Nous recevons beaucoup de familles lors de la préparation de funérailles, de baptêmes ou de mariage et il ne faut pas très longtemps pour que certaines nous confient : avec mes parents ou avec mon frère/ma sœur, mes enfants, on ne s’entend plus, on ne se voit plus, il y a des déchirements pour des raisons parfois oubliées !

Dans cette désespérance il existe une aide précieuse, comme je l’ai dit plus avant : la Foi, la vraie permet de mieux supporter cette souffrance et de nous ouvrir les portes de l’espérance. Le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont des alliés, des défenseurs, des acteurs dans l’espérance. Ils sont à notre écoute. Dans le partage avec les familles il ne suffit pas de discuter mais de partager en vérité ce cancer qui nous ronge de l’intérieur. Ce cancer nommé la séparation, le désaccord, la vengeance, la rancœur, la maladresse, le renoncement ou tout ce que vous voudrez qui fait que le rapprochement devient difficile voir impossible et pourtant rien n’est impossible à Dieu si nous acceptons de pardonner et de demander son aide.

            Certains diront : j’entends rire telle et telle personnes très souvent, elles ont de la chance, elles sont heureuses, elles ! Et quand elles pleurent, vous les entendez ? Non, elles pleurent en silence se cachent et recherchent la solitude pour pleurer, pour ne pas avouer leur détresse de peur de moqueries ou de reproches parfois. La blessure morale doit pouvoir se soigner comme on soigne la blessure physique, pas toujours facile ! et la cicatrisation peut demander beaucoup de temps.

            En EHPAD les résidents nous "racontent leur vie", certains ont eu plus de mauvais moments que d’autres c’est vrai mais tous ont eu beaucoup de très bons moments bienheureusement. Et nous les visitons aussi pour faire remonter ces bons moments-là.

C’est ça la famille. Celui qui dit : chez moi pas de soucis, quatre possibilités :

-il a une super chance et là j’ai un doute,

-il n’ose pas avouer son malheur et cela peut se comprendre,

-il ne dit pas la vérité car elle est trop dure à avouer, à faire accepter, ou encore,

-il est parfaitement insouciant/inconscient, il vit sur une autre planète.

La famille ce n’est pas aussi simple qu’il n’y parait. Et pourtant il faudrait si peu de choses pour que tout fonctionne pour le mieux malgré les différences d’opinions, de statut social ou de vécu plus ou moins douloureux. Mais avouons-le la vie n’est pas faite que d’une partie sombre heureusement il y a aussi la partie lumineuse qui nous conduit à l’espérance et qui nous permet d’avancer ! Il est à tirer une leçon de chaque passage de la vie, bon ou mauvais, c’est aussi ça se construire.           

Confions à Marie, Reine et Mère de la famille, toutes les familles du monde pour qu’elles puissent vivre dans la foi, dans la concorde, dans l’aide réciproque. Que Marie nous aide à accueillir la Parole de son Fils et à faire « tout ce qu’il nous dira ». Qu’elle soit toujours avec nous pour nous garder fidèles à son amour.

Amen. đꝑ P.R.

 

ANNÉE A

 

Homélie de la fête du Christ-Roi de l'Univers - Année A / Patrice RÉTY /  Diacre permanent

Fête du Christ Roi de l’Univers (Mt 25, 31-46)

« Il siégera sur son trône de gloire et séparera les hommes les uns des autres »

 

 

Voir l'Évangile

 

 

 

 

Regardons notre vie et celle de notre monde à la lumière de l'Évangile de ce dimanche précédent l’Avent de l’année B. Le Christ bafoué, dénigré et rejeté c'est tous les jours qu'on le voit. C'est tous les jours qu'il subit des traitements intolérables dans certains lieux de travail et dans bien d’autres lieux. Il est présent en celui qui n'en peut plus d'être harcelé et accablé. C'est tous les jours qu'il est jeté à la rue. L'Évangile de ce dimanche nous invite à le reconnaître à travers celui qui meurt de faim, de froid et surtout de manque d'amour. Jésus est tellement proche de ces petits qu’il s’identifie à eux. C’est la véritable compassion.

            En ce dimanche, nous fêtons le Christ Roi de l'univers. Il n'est pas un roi à la manière des grands de ce monde. Ces derniers cherchent à imposer leur pouvoir et leur autorité. La Royauté du Christ c'est celle du berger qui se consacre entièrement à chacune de ses brebis. Il est tellement proche des petits qu'il se reconnaît en chacun d'eux. C'est à la manière dont nous les aurons accueillis que nous serons jugés. Le tri sera le résultat du choix que nous aurons fait durant notre vie. Le Seigneur nous rappellera qu'il était présent à travers les exclus qui se sont trouvés sur notre route.

            Chaque jour, notre critère ne doit pas être le "chacun pour soi" mais le partage et la solidarité. Le Royaume de Dieu c'est celui de l'amour et de la fraternité. Le seul critère de séparation qui y subsiste, c'est l'amour des petits. D'un côté, il y aura ceux qui auront aimé et de l'autre ceux qui ne l'ont pas fait.

            "J'ai eu faim…" nous dit Jésus. Oui, bien sûr, chacun pense à la faim de l’estomac. Des millions d'hommes, de femmes et d'enfants vivent chaque jour avec la faim au ventre. Mais en même temps, nous ne devons pas oublier ceux qui ont faim d'amitié, faim d'être reconnus et considérés, faim de justice et de paix. À travers eux, c'est le Christ qui est là.

            "J'étais un étranger…" Nous pensons tous aux immigrés, aux sans papier. Beaucoup vivent une situation dramatique. Mais il y a d'autres manières de devenir étranger à l'autre. C'est ce qui arrive quand des couples se déchirent, ou encore dans les conflits de voisinage ou sur les lieux de travail. À travers l'étranger, c'est le Seigneur que nous ne savons pas toujours reconnaître. C'est lui que nous accueillons ou que nous rejetons.

            "J'étais prisonnier…" Nous pensons à ceux qui sont en prison à cause de leurs actes ; n’oublions pas les otages qui sont retenus loin de chez eux contre leur grés. Mais on peut aussi être prisonniers de diverses autres manières. Beaucoup sont enfermés dans leur réputation. On ne leur laisse aucune chance. D'autres sont prisonniers de l'alcool, de la drogue ou de leurs mauvaises habitudes. En général, on évite de les fréquenter. Et pourtant, à travers eux, c'est encore et toujours le Christ qui est là. Comme pour Caïn dans le livre de la Genèse, il nous demandera : "Qu'as-tu fait de ton frère ?"

            C’est exclusivement sur l’amour que nous serons jugés. Mais ce jugement, ce n'est pas seulement pour plus tard, pour après notre mort. C’est maintenant que nous accueillons ou que nous refusons d’accueillir le Christ. Dieu n’aura pas à juger les hommes. Ils auront fait eux-mêmes le choix tout au long de leur vie en accueillant ou en refusant son Royaume d’amour. Dieu n’aura rien d’autre à faire qu’à dévoiler ce qui était caché en chacune de leurs journées.

            Dans l'eucharistie que nous célébrons chaque dimanche*, nous apprenons à te reconnaître, Seigneur, dans la Parole et le Pain de Vie. Apprends-nous aussi à te reconnaître dans les pauvres. C'est auprès d'eux que nous sommes renvoyés si nous voulons te rencontrer. Nous te supplions : "Toi qui es Lumière, toi qui es l'amour, mets dans nos ténèbres ton Esprit d'Amour".

*Pas en ce moment malheureusement, confinement oblige ! Protégeons l’autre, notre frère, notre sœur et protégeons-nous. Nous sommes chrétiens pratiquants mais aussi citoyens.

Amen

Rm 15, 1-3 : C’est un devoir pour nous, les forts, de porter l’infirmité des faibles et de ne pas rechercher ce qui nous plaît. Que chacun de nous cherche à plaire à son prochain, en vue du bien, pour édifier. Le Christ, en effet, n’a pas recherché ce qui lui plaisait mais, comme il est écrit : « Les insultes de tes insulteurs sont tombées sur moi. »     Service et Charité !

            Le Christ n'est pas un roi à la manière des grands de ce monde. La Royauté du Christ c'est celle du berger qui se consacre entièrement à chacune de ses brebis et il est à supposer que le Christ Roi concevait sa Royauté un peu comme suit :

Les dix devoirs du roi

þ 1. La libéralité, la générosité, la charité. Le souverain ne doit pas avoir d'avidité ni d'attachement pour la richesse et la propriété, mais il doit en disposer pour le bien-être du peuple.

þ 2. Un caractère moral élevé. Il ne doit jamais détruire la vie, tromper, voler ni exploiter les autres, commettre l'adultère, dire des choses fausses, ni prendre des boissons enivrantes. C'est-à-dire qu'il doit au moins observer les cinq préceptes d'un laïc.

þ 3. La sacrifice pour le bien du peuple. Il doit être prêt à sacrifier son confort, son nom et sa renommée, et sa vie même dans l'intérêt du peuple.

þ 4. L'honnêteté et l'intégrité. Il doit être libre de peur ou de faveur dans l'exercice de ses fonctions ; il doit être sincère dans ses intentions et ne pas tromper le public.

þ 5. L'amabilité et l'affabilité. Il doit avoir un tempérament doux.

þ 6. L'austérité dans les habitudes. Il doit mener une vie simple et ne doit pas se laisser aller au luxe. Il doit être en possession de soi-même.

þ 7. L'absence de haine, mauvais-vouloir, inimitié. Il ne doit pas garder rancune à personne.

þ 8. La non-violence. Il doit non seulement ne faire de mal à personne, mais aussi il doit s'efforcer de faire régner la paix en évitant et en empêchant la guerre et toute chose qui impliquent violence et destruction de la vie.

þ 9. La patience, pardon, tolérance, compréhension. Il doit être capable de supporter les épreuves, les difficultés et les insultes sans s'emporter.

þ 10. La non-opposition, non-obstruction. C’est-à-dire qu'il ne doit pas s'opposer à la volonté populaire, ne contrecarrer aucune mesure favorable au bien-être du peuple. En d'autres termes, il doit se tenir en harmonie avec le peuple.                      

(Les Dix Devoirs du Roi selon le Bouddha)

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