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Villes Montceau, Ciry, Sanvignes, Perrecy, St Vallier, Blanzy, et Villages

Le Doyenné de Montceau les Mines et  ses 4 paroisses   St Jean, St Matthieu, St Luc, St Marc

61/5 Homélies des Rameaux à Pâques

ANNÉE B

Homélie du Mercredi Saint / ANNÉE B / Père Yves GARRUCHET

Les textes

L'homélie

Mercredi Saint (31/03 Notre-Dame) : homélie sur les textes du jour en lien avec saint Joseph dans le cadre de l’année que le Pape François lui a dédiée

Satan est mauvais payeur car Judas ne profitera pas de ses trente deniers, mais les jettera avant d'aller se pendre, le pauvre, rongé d'amertume jusqu'au point de non retour. Jésus l'avait pourtant averti : « Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, et, quand vous le voulez, vous pouvez leur faire du bien ; mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Mais ce fut précisément ce qui, selon Marc, décida Judas à trahir Jésus pour trente deniers, le prix d'un esclave.

En effet, Jésus avait admiré le geste d'une femme qui venait de lui verser un parfum de qualité sur la tête, qui plus est en brisant pour cela le flacon d'albâtre précieux qui le contenait : Jésus y voit l'anticipation de l'embaumement de son corps livré à la mort, et c'est pourquoi il dit à ses amis qu'ils ne l'auront pas pour toujours. Judas cependant, avec d'autres, y voit un manque à gagner pour la bourse qu'il porte à la ceinture au nom du groupe constitué autour de Jésus, dans laquelle on puisait l'argent de la solidarité avec les plus pauvres. Si les disciples discutent ainsi, c'est parce que cette femme appartient à ce groupe - la tradition reconnaît en elle Marie-Madeleine.

Judas quant à lui n'accepte plus la vision de Jésus, n'ajoute plus foi à ses visions, et vend Jésus pour trente deniers comme s'il s'agissait de son esclave. Or ce n'est pas sans rappeler que Juda, fils du patriarche Jacob, vendit son frère Joseph comme esclave pour vingt pièces d'argent. Néanmoins Joseph saura retourner son cœur et celui de ses frères pour une réconciliation qui réunira la famille. Malheureusement, si Pierre après son reniement laisse son cœur être touché par la miséricorde qui n'a pas quitté le regard de Jésus qu'il croise, Judas ne pourra pas revenir. Du moins pas que nous sachions. Son destin est entre les mains de Dieu qui est plus grand que nos cœurs, ainsi que le dit saint Jean dans une de ses lettres. Mais qu'on ne s'avise pas trop vite de jeter la pierre à Judas, Apôtre parmi les Apôtres au point que l'on peut dire que lorsque Judas baptise, c'est Jésus qui baptise.

Cela vaut donc pour leurs successeurs les évêques, leurs collaborateurs les prêtres, mais aussi pour chacune et chacun d'entre nous appelé.e à suivre Jésus, ce qui amena le Pape François, dans une prédication, à évoquer le petit Judas qui se cache à l'intérieur de moi...

Pendant ce temps, Jésus s'identifie au serviteur souffrant du Livre du prophète Isaïe, ne cachant pas sa face devant les moqueries les plus humiliantes, présentant son dos au bois de la Croix, et dont la complainte se fait entendre dans le psaume de ce jour : « Quand j'avais soif, ils m'ont donné du vinaigre. » Cependant Jésus ne se laisse pas submerger par l'amertume, mais reste dans l'action de grâce, et pour y parvenir sur la Croix retrouve les mots poignants des psaumes. Oh, il souffre littéralement à en mourir, mais il puise en lui la grâce de se tourner vers Dieu, jusque dans son cri de désespoir - c'est le psaume 21 - : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »

Et jusque dans ses derniers mots à lui : « Père, en tes mains je remets mon esprit » - c'est le psaume 30.

Ces psaumes, il les avait priés avec Joseph comme faisant partie de son identité juive. Ces psaumes pétris de l'histoire sainte des Patriarches, de Moïse, des Juges, et de David.

Quant à Joseph, en récitant : « Je suis un étranger pour mes frères », il se remémorait comment son illustre prédécesseur avait été emmené sous la contrainte en Égypte. Et comment aurait-il pu ne pas y songer lorsque lui-même dut s'y exiler pour sauver son fils de la menace du roi Hérode ?

Quant Joseph récitait encore : « Le Seigneur n'oublie pas les siens emprisonnés », il se souvenait comment Dieu avait fait intervenir un Égyptien pour libérer Joseph de la prison où on l'avait jeté suite à une calomnie, il se souvenait comment, beaucoup plus tard dans l'histoire sainte, Dieu avait délivré son peuple emprisonné dans l'esclavage en Égypte, événement fondateur de l'identité juive, la Pâque, le passage à travers les eaux de la mort. Mais n'imaginons pas que c'est l'Égypte qui est rejetée car, pour un Juif, Joseph fils de Jacob représente dans cette histoire Israël en tant que peuple, et ses frères qui l'ont vendu aux descendants d'Ismaël représentent les nations étrangères appelées à se réconcilier en Dieu, appelées à former avec le peuple élu une même famille.

Ne reconnaissons-nous pas là la mission et le projet même de Jésus ? Et qu'est allé faire le Pape François en Irak sinon porter l'espérance d'un monde réconcilié avec lui-même et avec son Dieu ?

Prière à saint Joseph de Mgr Léon Soulier, évêque émérite de Limoges (1924-2016) : « Joseph, on t’appelle le juste, le charpentier, le silencieux… Moi, je veux t’appeler mon ami. Avec Jésus, ton fils et mon Sauveur, avec Marie ton épouse et ma mère, tu as ta place dans mon cœur, tu as place dans ma vie.

Prends ma main et conduis-moi lorsque l’ombre et la nuit
rendent mes pas incertains. Toi qui as cherché le Seigneur, toi qui l’as trouvé, dis-moi où Il est ! Dis-moi où Il est quand les jours succèdent aux jours, remplis de travail et de soucis ou de solitude et d’ennui !

Dis-moi où Il est quand l’épreuve et la souffrance sont le pain quotidien ! Dis-moi où Il est quand l’espérance relève mon courage et m’invite à avancer avec plus d’entrain ! Dis-moi où Il est quand mon cœur veut l’aimer, Lui le premier et les autres, avec Lui et en Lui ! Dis-moi où Il est quand on vient près de moi chercher réconfort, amitié et joie !

Joseph, mon ami, toi qui as cheminé à travers les rayons et les ombres, apprends-moi à rencontrer le Seigneur dans le quotidien de ma vie. Toi, le témoin étonné de l’action de l’Esprit,
aide-moi à reconnaître ses merveilles et à Lui être soumis. Toi, le grand attentif aux besoins des tiens, garde bien ouverts mon cœur et ma main. »

 

 

Homélie du dimanche des RAMEAUX / ANNÉE B / Père Yves GARRUCHET

Voir l'Évangile

Rameaux 2021

Rameaux. R, a, m, e, a, u, x :

 

- R comme ramer... car c'était déjà la galère avant la Covid-19, mais avec c'est pire !... Ramer, c'est aussi soutenir une plante grimpante !... or Dieu, qui nous voit galérer, et veut nous tirer de la misère, nous tend une corde, pour nous aider à monter vers lui : c'est la miséri-corde ! Pour Jésus passé par toutes sortes de souffrances et par la mort, c'est la Résurrection : le Père le relève. Et en vérité l'objectif du Père est d'en faire autant avec nous : Seigneur, aide-nous à y croire.

- A comme amour, a comme amitié, a comme affection : nous sommes témoins de situations tragiques, c'est vrai, mais aussi de solidarités toutes simples. Nous constatons que ce monde est abîmé par la détresse et le manque de charité, ce monde que Dieu voulait à l'image de son amour. Mais nous constatons aussi que Dieu le refait à l'image de son amour, il est à l'œuvre dans nos cœurs, et c'est parfois plus fort que nous, comme pour Simon le Cyrénéen réquisitionné pour assister Jésus dans le portement de sa croix. Seigneur, aide-nous à nous laisser entraîner vers davantage de fraternité.

- M comme Marie : c'est une femme dans une société dominée par les hommes, veuve de son mari Joseph, contemplant avec horreur la douleur du fruit de ses entrailles. Joseph lui manque tellement, avec qui elle avait accueilli dans leur vie commune le mystère de la foi, en la personne de cet enfant, de cet adolescent, de cet adulte : on est tellement plus fort à deux dans une œuvre pareille. Seigneur, aide-nous à prendre compassion des autres quand les frappent toutes sortes de misères ou de catastrophes. Aide-nous encore à ne pas nous sentir tout seuls.

- E comme celui qui martèle l'espérance : ainsi l'avenir est-il façonné à coup d'espoirs retrouvés. Car sans l'espoir on ne regarde plus l'horizon, sans l'espérance on ne croit plus en rien, pire : on ne croit plus en personne ! Le centurion habitué aux combats violents et meurtriers, le centurion habitué à imposer la force de l'empire romain aurait pu se blaser en voyant un échec et une mort de plus, mais il n'endurcit pas son cœur jusqu'à le rendre de pierre, il peut alors reconnaître dans le sacrifice de Jésus tout l'amour de Dieu : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » Seigneur, aide-nous à ne pas nous laisser gagner par le défaitisme, la désespérance, l'indifférence, le « à quoi bon ? » Aide-nous donc à discerner autour de nous, et en nous, les signes d'espérance.

- A comme allégresse... Comment a-t-on pu en arriver là ? On l'acclamait, on le souhaitait pour roi, et voilà qu'on se moque de lui et qu'on le couronne d'épines. Cela n'a pas de sens, il y a de quoi perdre toute joie de vivre. C'est d'ailleurs ce qui arrivera aux disciples abattus, qui ne comprennent plus rien au destin du Christ. Peu à peu, cependant, le Crucifié va devenir, au creux de leurs existences, le Ressuscité, qui jaillit tel le rameau du printemps. Il rejoint toute personne injustement traitée. « Ce que vous avez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait », racontait Jésus pour décrire son lien intime avec tout être humain, intime et infiniment respectueux. A comme allégresse, oui, car Dieu communique la joie de sa présence jusque dans le rameau qui reverdit, jusque dans la jonquille jaune et jolie. Seigneur, aide-nous à te prier dans l'angoisse et l'adversité, sans oublier de rendre grâce pour le bonheur quotidien, à cueillir comme le fruit de ton amour.

- U comme union, commune union, communion, car c'est là que Dieu nous appelle à travers le sacrifice de Jésus. Le Christ donne sa vie, c'est la vie de Dieu qu'il donne, une vie partagée, une vie à partager, comme le pain du dernier repas rompu pour toutes les personnes présentes, comme le pain que Jésus avait multiplié par millier, afin de nous faire asseoir à sa table : ainsi nous sommes de sa maison et de sa famille. Tant de désunions, de disputes à n'en plus finir, de discordes qui nous déchirent les uns les autres... Comment à notre niveau pouvons-nous distribuer le pain de Dieu, le pain de sa parole aimante ? Seigneur, aide-nous à rester vrais comme tu l'étais face aux autorités religieuses et politiques. Aide-nous en même temps à cultiver l'humilité et la patience qui favorisent écoute et compréhension, ainsi qu'une parole bonne et constructive à propos.

- X comme dans fixe, car Jésus est toujours là pour nous, c'est fixe à jamais. Il est certes le Crucifié, ce qui lui fait dire à ses disciples qu'ils ne l'auront pas toujours avec eux, mais il est également le Ressuscité, l'Emmanuel, Dieu présent avec nous à jamais. Seigneur, aide-nous à ne pas t'oublier sur le chemin de nos vies, toi qui marches avec nous à jamais.

 

ANNÉE B

 

Homélie du Dimanche de Pâques / Année A / Patrice RÉTY, diacre permanent

Jour de Pâques

            L’événement de Pâques vient tout bouleverser dans notre vie. Si je crois en Jésus ressuscité, je sais que mes souffrances, mes échecs et mes péchés n’auront jamais le dernier mot de ma vie. Je sais que le Christ est là pour me libérer de mes pesanteurs et qu’il me conduit vers la lumière et la joie. La victoire du Christ ressuscité vient également changer le regard que je porte sur le monde et sur les personnes qui l’habitent. Ce regard ne sera plus pessimiste, désabusé ni indifférent. Je n'ai plus de raison de désespérer de tout ni de perdre confiance en l'être humain, si blessé soit-il. Je n'ai plus de raison de penser que la fraternité, le partage, la justice sont impossibles.

            Notre foi en la résurrection nous pousse à vivre en ressuscités. Avec Jésus et à sa suite, nous sommes appelés à faire ce « passage » de la mort à une vie renouvelée. Vivre en ressuscité, c'est être persuadé qu'à tout instant, je peux, devant Dieu me relever ; c'est être convaincu que je suis aimé de Dieu, malgré mes torpeurs, mes désabusements, malgré mes péchés et mes reniements.

            Cette résurrection du Christ nous provoque à un renouveau dans notre vie, un renouveau de la prière, une joie de découvrir et de vivre l’Évangile. C’est le bonheur de croire en Dieu qui nous aime. Tout cela passe par des décisions concrètes : sortir du « tombeau » de notre égoïsme pour vivre un amour vrai ; rouler la pierre du découragement qui nous emprisonne et qui nous empêche d’aller de l’avant ; ne pas se laisser emporter par la rancune et la vengeance mais faire triompher le pardon et la bienveillance. C’est par notre manière de vivre que nous pourrons montrer que le Christ est vivant et qu’il transfigure ceux et celles qui accueillent sa force de Vie.

            Et en vivant ainsi, nous pouvons nous aussi être porteurs de vie. Les occasions ne manquent pas et l’attente est immense. Nous sommes tous envoyés auprès de ceux qui luttent contre la souffrance et le désespoir pour leur redonner le goût de vivre. Notre attention, notre amitié ne doit pas oublier ceux et celles que la vie écrase. Un accueil, un pardon donné, une main tendue pour remettre debout, peuvent opérer un miracle de « renaissance. » Et, à travers tout cela, une parole qui témoigne de notre foi, est une invitation à rencontrer le Christ ressuscité.

            À cause de Pâques, à cause de la résurrection du Christ, ne gardons pas les yeux rivés sur la terre. Levons-les vers le Royaume où Dieu nous attend. Et vivons comme des ressuscités. L'Eucharistie que nous célébrons ensemble chaque dimanche nous y invite.

 

Homélie du Jeudi-Saint / Patrice RÉTY, diacre permanent

JÉSUS  SERT  SES  APÔTRES.

JÉSUS  NOUS  SERT  PAR  LA MESSE.

 

Lorsque quelqu’un sait qu’il va partir, il organise sa maison et donne ses dernières consignes.

C’est ainsi, au cours de la dernière soirée passée avec ses apôtres, et lors des apparitions qui s’échelonnent de Pâques à l’Ascension, que Jésus achève de mettre en place les dispositions salutaires par lesquelles, une fois entré dans la Gloire de son Père, il continuera d’assurer à travers les siècles et les contrées de la terre l’œuvre de notre Rédemption méritée par sa vie et sa mort et acquise par sa Résurrection.

L’apôtre St Jean – qui, à ce repas, était assis à côté de Jésus – exprime, dans la phrase d’introduction de l’Évangile de ce jour, la solennité du moment : « Avant la fête de la Pâques, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, lui qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ».

Chacune des notations de cette phrase est riche de signification.

Tout d’abord la connexion avec la Pâques juive : 13 siècles plus tôt, alors que les Hébreux se trouvaient déchus, en Égypte, de la condition d’homme libre, Dieu avait, par sa puissance, fait passer son peuple de la terre d’esclavage à la terre de la liberté.

C’est par le sang d’un agneau offert en sacrifice, sang dont les Hébreux marquèrent la porte de leur maison, que les membres du Peuple de Dieu furent préservés du châtiment qui frappait les Égyptiens. Et la chair de cet agneau mangé en commun fut la nourriture qui leur donna la force de marcher vers le salut.

Et voici que Jésus va être à la fois :

- L’Agneau qui s’immole et dont le sang écarte du peuple le châtiment.

- Celui qui fait, en lui-même, passer l’humanité de la condition déchue à la condition nouvelle.

- Et celui dont la chair est nourriture pour ceux qu’il entraîne à sa suite vers la liberté.

Jésus sait que son "heure" est venue :

  • l’heure de passer de ce monde à son Père,
  • l’heure d’entrer dans sa gloire en passant par la croix,
  • l’heure de donner sa vie pour ceux qu’il aime.

Saint Jean nous montre, en cette "heure" de Jésus, la manifestation suprême de son amour pour nous : « Lui qui avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout ».

Notre Seigneur, le Fils Éternel de Dieu, nous a aimés au point de prendre, pour nous sauver, la condition d’esclave, s’abaissant non seulement à partager la condition humaine, mais encore à être mis à mort comme un malfaiteur.

L’amour de Jésus pour les siens s’était aussi manifesté précédemment dans ses efforts patients pour former des disciples, s’adaptant aux capacités limitées de leur esprit, leur réexpliquant, le soir, ce qu’il avait exposé aux foules durant la journée.

Et si encore ces hommes avaient été des disciples parfaits ! Mais, ne voit-on pas, dans l’Évangile d’aujourd’hui, à la veille même de l’acte de suprême amour de Notre Seigneur, Pierre opposer sa conception du Christ à celle de Jésus, et Judas se préparer à le trahir !

Et c’est de ses hommes là que Jésus se fait le serviteur : de chacun de nous, chrétien médiocre, voire pécheur en train de se laisser glisser vers le manquement grave de fidélité à Dieu.

Jésus mit un linge à sa ceinture et se mit à laver les pieds de ses disciples. C’était là la tenue et la fonction d’un esclave, et l’on comprend la stupéfaction des apôtres : Lui, Jésus, le Fils de Dieu fait homme, leur laver les pieds ! Pierre réagit avec sa spontanéité habituelle : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds ! ».

Mais Jésus lui répond : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi ».

L’enfant est enfant de la famille en acceptant les services de ses parents. Le chrétien n’est membre de la famille divine, n’a part avec son Seigneur, qu’en acceptant d’être servi par lui. - Ce n’est pas nous qui apportons quelque chose à Dieu. Notre seul mérite consiste à accepter ses dons. - Il nous faut accepter de recevoir les services que Dieu nous rend par ses sacrements ; et il nous faut accepter d’être servis par les hommes qui le représentent sur la terre, si nous voulons avoir part avec lui. - Celui qui ne veut rien devoir, ni à Dieu, ni à son Église, refuse d’être sauvé.

Jésus, ayant ainsi exprimé, symboliquement, par ce lavement des pieds de ses apôtres, ce qu’il est venu faire pour nous, leur dit : « Vous m’appelez "Maître" et "Seigneur" et vous avez raison, car vraiment je le suis ».

Si Jésus entend être serviteur, il est serviteur de la Vérité. Il doit à ses apôtres, par mission reçue de son Père, ce service de la vérité. - Ce serait, de sa part, bien mal servir les disciples, que de les égarer en niant être ce qu’il est, et en passant sous silence la mission d’enseignement et de gouvernement spirituel qu’il a reçu de son Père.

Cette dignité et cette mission, il les affirme : « Vous m’appelez "Maître" et "Seigneur", et vous avez raison, car vraiment je le suis ». Mais c’est de cette fonction même qu’il entend vivre en esprit de service et non de domination.

Et ses apôtres, à qui il va léguer la charge de continuer, en son nom et par son autorité, sa tâche, auront à l’accomplir dans le même esprit.

  • Le prêtre n’a pas à nier la dignité très haute qui lui a été conférée.
  • Il n’a pas non plus, à laisser ignorer ou à ne pas exercer la mission qui lui a été confiée, d’enseigner, sanctifier et gouverner "au nom du Seigneur".
  • Mais il doit exercer cette mission en esprit de service, cherchant le bien de ceux dont il est chargé, et étant prêt aux actes les plus humbles, si cela peut concourir au bien des âmes, étant prêt à donner sa vie pour son troupeau et pour rester fidèle à sa mission.

Ainsi, fit Jésus : sa vie terrestre fut toute offerte à son Père, pour œuvrer au Salut des hommes ; et sa mort fut une offrande de lui-même, pour notre rachat.

Et Notre Seigneur a voulu continuer de nous servir lorsqu’il ne serait plus visiblement présent sur la terre. Et il a voulu aussi que ceux qu’il rachèterait puissent être associés à son acte de rédemption.

La veille, donc, du jour où il allait être cloué sur la croix, Jésus a institué la messe.

Après des lectures de l’Ancien Testament et après avoir instruit et exhorté ses apôtres, Jésus, au cours d’une grande prière de louange à son Père, prit du pain et du vin et fit la première Consécration, suivie, pour les apôtres, de la première Communion.

Et depuis ce jour, à chaque messe, le Christ continue de nous servir :

- Par les lectures et la prédication, il continue de nous donner sa Parole,

- Puis, par le ministère du prêtre, il se rend réellement présent sous les apparences du pain et du vin, et il renouvelle sacramentellement l’offrande de lui-même à son Père, qu’il a faite, une fois pour toutes, sur la Croix.

Le prêtre offre, à Dieu le Père, le Corps et le Sang de son Fils ; et vous, les fidèles, êtes invités à vous associer à cette offrande du Christ en vous offrant vous-mêmes avec lui, vous qui, par votre baptême, avez été faits "membres du Christ".

Alors ceux qui s’offrent eux-mêmes avec la divine victime, peuvent entrer en communion avec elle et avec Celui à qui elle est offerte.

Ainsi devenons-nous participants de la nouvelle "Alliance", instituée par Jésus-Christ en lui-même, qui s’exerce par toute la vie chrétienne et trouve son sommet dans l’Eucharistie.

Puissions-nous vraiment, mes sœurs, mes frères, par chacune de nos messes,

  • accueillir les dons de Dieu qui s’est fait notre serviteur ;
  • nous offrir nous-mêmes avec le Christ, dans la messe et par toute notre vie, devenant par toute une existence de service de Dieu et de nos frères, une vivante offrande à Dieu.

Amen.

 

Homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion / Patrice RÉTY, diacre permanent

 

            Qui est cet homme que les gens acclament avec beaucoup d'enthousiasme à Jérusalem ? Tous pensent à un roi qui fait son entrée triomphale dans la ville. Mais dans leur esprit, il y a un immense malentendu : on croyait que le Messie allait prendre le pouvoir, chasser les Romains et restaurer la Royauté de David. Mais ce cortège triomphal sera suivi quelques jours plus tard d'un autre cortège totalement différent. Les acclamations et les palmes seront remplacées par des lances, des larmes de sang et des cris de haine.

            Cet homme, Jésus, nous est donc présenté comme un roi. Mais en lisant ce récit de la Passion, il n'y a aucun risque de malentendu. Il ne s'agit pas d'un roi dominateur qui va imposer son autorité par la force des armes. Sa toute-puissance est celle de son amour. Il a toujours été du côté des infirmes, des malades, des petites gens, de tous ceux et celles que la société rejette. Quand il parlait de Dieu, c'était toujours avec beaucoup d'amour. Il le présentait comme son Père. Il parlait et agissait au nom de Dieu. C'est pour cela que ses adversaires ont fini par l'arrêter et le faire mourir sur une croix. Sur la croix, nous l’avons entendu pousser ce grand cri : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? " Ces paroles sont tirées du psaume 121 qui se termine par un cri de confiance : "Père, entre tes mains, je remets mon esprit". Vivre cette semaine sainte, c'est un engagement de tous les jours et de tous les moments.

            Beaucoup trop de gens aujourd'hui passent devant une croix sans savoir ce qu'elle représente. Notre mission à nous chrétiens d'aujourd'hui c'est de témoigner de ce Jésus mort et ressuscité. Il nous a ouvert un chemin. Il nous a montrer le chemin, Il nous a offert sa vie, sa mort, sa résurrection, et en l’Église il nous a laissé les sacrements :

  - le baptême par lequel nous devenons enfant de Dieu, héritier du Christ,

  - la confirmation par lequel l’Esprit Saint fait de nous de véritables témoins d’amour,

  - et puis il y a particulièrement l’Eucharistie et la confession, par lesquels Jésus se rend vivant en nous …et nous vivants en Lui !

             La Passion de Jésus, c’est l’Amour opposé à la méchanceté humaine, à la haine.  Être disciple du Christ crucifié et ressuscité, c’est être amour au cœur de notre monde, là où nous vivons, dans les conditions qui sont les nôtres.

            Pour grandir dans ce chemin d’amour,

  - il faut savoir prier Jésus avec le cœur et non seulement des lèvres, mais aussi Écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique

  - il faut savoir regarder nos journées, chaque soir, devant Jésus et avec Jésus, non pour définir nos performances, notre productivité, mais regarder comment nous avons aimé tout au long de notre journée, accepter toutes les épreuves de la vie avec confiance et foi.

  - il faut savoir aimer les autres dans le service concret, mais aussi dans le pardon pour nos manques d’amour et demander la grâce de grandir dans un amour vrai et concret … pour le lendemain. !

            Peut-être que les plus jeunes vous demanderont pourquoi vous avez apporté une branche de buis, d’olivier ou de laurier. Avant de répondre, prenons le temps de réfléchir sur ce qui est le cœur de notre foi : ce rameau n'est pas un porte-bonheur pour arrêter la foudre. Si nous fixons un rameau vert sur le crucifix, c'est pour nous rappeler que le bois de la croix a refleuri. La croix n'est plus un signe de mort. Elle est devenue l'arbre de la Vie. Ce rameau doit aussi nous rappeler que Jésus a besoin de nous. Saisi par l'angoisse de la mort, il a voulu que les siens demeurent avec lui sous les oliviers de Gethsémani. C'est le même appel qu'il nous adresse en ce jour. Alors oui, que ce rameau emporté dans nos maisons soit le signe de notre engagement auprès du Seigneur. Tout au long de cette semaine sainte, nous sommes invités à plonger avec lui dans la prière.

            En ces fêtes de Pâques, puissions-nous, contempler Jésus qui se livre pour nous et nous laisser toucher en profondeur par son amour afin de devenir toujours plus des "Vivants en Lui" au sein de notre monde.

Amen

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