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Villes Montceau, Ciry, Sanvignes, Perrecy, St Vallier, Blanzy, et Villages

Le Doyenné de Montceau les Mines et  ses 4 paroisses   St Jean, St Matthieu, St Luc, St Marc

ANNONCIATION

L’Annonciation
FRA ANGELICO

L’Annonciation à la Vierge Marie est d’abord la fête de l’Incarnation puisque Dieu commence en Marie sa vie humaine qui conduira Jésus jusqu’à la Croix et la Résurrection, jusqu’à la Gloire de Dieu.
Elle est célébrée par les catholiques le 25 mars. Lorsque le 25 mars tombe au moment de la Semaine Sainte, elle est célébrée le lundi qui suit l’Octave de Pâques.

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui  dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ;

il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? »

L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu.
Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait : ‘la femme stérile’.
Car rien n’est impossible à Dieu. »

Marie dit alors :

"Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole."

Alors l’ange la quitta.

Dans la scène biblique de l’Annonciation, Dieu propose et attend une réponse.
Ce sera « Qu’il me soit fait selon ta parole. »
Marie devient la Mère de Dieu et du Sauveur avant de devenir, au pied de la croix, la Mère de l’Eglise.

Source : AELF

Qu'est-ce que l'Annonciation ?
Le 25 mars est un jour de solennité pour l'Eglise catholique. Elle fête de façon particulière l'Annonciation, c'est-à-dire l'annonce de l'ange Gabriel à Marie qu'elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils Jésus.
La Vie vous propose un commentaire détaillé de l'évangile de ce jour (Lc 1, 26-38).
 
Par Laurence Desjoyaux,
© Collection Dagli Orti / Musée Diocésain Cortone Italie • © COLLECTION DAGLI ORTI / MUSÉE DIOCÉSAIN CORTONE ITALIE

Le texte de l'évangile du jour (Lc 1, 26-38)

L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.

L'ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.

L'ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. »

Marie dit à l'ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L'ange lui répondit : « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu'Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu'on l'appelait : 'la femme stérile'. Car rien n'est impossible à Dieu. »

Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. » Alors l'ange la quitta.

Comprendre le sens du texte

Gabriel
C’est le premier d’une série de noms propres qui ne cessent de resserrer le cadrage comme un zoom avant qui partirait du Ciel : Galilée, Nazareth, David, Joseph, Marie… Ce mouvement de la phrase correspond à l’Incarnation : Dieu lui-même descend dans le quotidien d’une jeune fille.

Ville de Galilée, appelée Nazareth
Tout ce qui vient de la Galilée est regardé avec mépris par les docteurs de la Loi : « Es-tu de la Galilée, toi aussi ? », disent-ils à Nicodème, qui tentait de défendre Jésus. « Tu verras, poursuivent-ils, que ce n’est pas de la Galilée que surgit le prophète » (Jean 7, 45-52), car la naissance du Messie devait se produire à Bethléem (Michée 5, 1). De plus, la ville de Nazareth elle-même était méprisée : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » se demande Nathanaël (Jean 1, 46).

Je te salue
« Kaïré », en grec, signifie plus littéralement « réjouis-toi ». Luc, qui insiste beaucoup sur la joie dans son Évangile, fait allusion à de nombreux textes de l’Ancien Testament où le peuple de Dieu est invité à se réjouir du salut offert par le Seigneur.

Comblée-de-grâce
Le mot « kecharitoménè » fait débat entre protestants et catholiques. Louis Segond traduit : « Toi à qui une grâce a été faite. » Ce qui pousse néanmoins à ajouter « comblée », c’est que le mot est au parfait : il exprime une action parvenue à sa plénitude. Du reste, ce terme est employé par l’ange comme un nom propre. Il s’adresse à Marie comme à la Gracieuse, la Favorisée.

Marie
Marie, Mariam en grec, Miryam en hébreu, a deux origines possibles. La sœur de Moïse s’appelait Miryam (Nombres 26, 59). Ce nom peut donc provenir de l’égyptien mir, qui signifie « la bien-aimée, l’aimée », et yah est la première syllabe du nom divin Yahvé. Miryam signifierait « la bien-aimée de Dieu ». Miryam pourrait aussi venir du syriaque mar, mot qui désigne « l’épouse du souverain ». Myriam signifierait alors « la princesse ». Saint Jérôme (IVe-Ve siècle) traduisait ainsi le nom de Marie par « la dame ». L’habitude de l’Ave Maria nous fait oublier que l’ange prononce le nom de Marie non pas après « Je te salue » mais après « Sois sans crainte ». Le « Réjouis-toi » d’abord l’effraye. Elle pense qu’il y a erreur sur la personne : « Moi, Comblée-de-grâce ? » Des Pères de l’Église vont jusqu’à dire qu’elle redoute d’être abusée comme Ève.

Fils du Très-Haut
Si Jean est présenté par l’ange comme « grand devant le Seigneur » (1, 15), Jésus, lui, est « grand » au sens absolu du terme. Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous (Isaïe 7). Il est présenté dans la tradition du roi-messie David. Il sera « Fils du Très-Haut », l’héritier du « trône de David ».

Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ?
Marie n’exprime pas un doute, mais un étonnement. Elle accepte d’être dépassée. D’ailleurs, dans son humilité, elle n’affirme pas sa virginité ; le texte grec est à la forme négative : « Je ne connais pas d’homme. »

Et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre
Le messager de Dieu utilise la question posée par Marie pour lui dévoiler ce que sa maternité aura d’inouï : « L’Esprit saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut fera ombre sur toi. » Comme la nuée dans le désert reposait sur la demeure de Dieu ou sur le peuple (Exode 40, 34 ; Nombres 9, 18-22), la puissance efficace de Dieu, son Esprit saint, va reposer sur Marie et faire grandir en elle les prémices de la nouvelle Création. C’est pourquoi l’enfant à naître « sera saint » et « il sera appelé Fils de Dieu », plus seulement comme le roi adopté par Dieu, mais comme le Messie né de Dieu.

Rien n’est impossible à Dieu
Dernière parole de l’ange. Elle renvoie à celle du Seigneur à Abraham, lorsqu’il lui apparaît sous forme trinitaire pour lui annoncer la naissance d’Isaac : rien n’est trop merveilleux pour le Seigneur (Genèse 18, 14). Le discours de Gabriel est lui-même entièrement trinitaire : il parle du Très-Haut, du Fils et de l’Esprit.

Servante du Seigneur
Je désire de tout mon être qu’il arrive pour moi selon ta Parole, voici ce que suggère le mot grec employé par Luc. Au moment où Marie prononce cette phrase : « Voici la servante du Seigneur », l’histoire du monde bascule. L’ange s’éloigne d’elle, laissant place à cet infiniment plus grand que lui... qui est le tout-petit conçu dans son sein.

Par Laurence Desjoyaux

Selon Nominis

L'annonciation à la Vierge Marie

l'AnnonciationLa scène nous est bien connue. Dieu propose et attend une réponse. Ce sera "Qu'il me soit fait selon ta parole." (Lc 1, 26-38)
Elle devient la Mère de Dieu et du Sauveur avant de devenir, au pied de la croix, la Mère de l'Église. Cette fête est d'abord la fête de l'Incarnation puisque Dieu commence en Marie sa vie humaine qui conduira ce minuscule embryon jusqu'à la Croix et la Résurrection, jusqu'à la Gloire de Dieu.
Illustration: Ce petit panneau frappe par sa fraîcheur. "Qu'il est moderne!" est-on tenté de s'écrier. Il aurait été peint par un maître du Haut-Rhin dans le premier quart du XVe siècle. (collège de Vevey en Suisse)
A lire aussi: L'Annonciation ou le recommencement à neuf (Fr. Bernard Forthomme, o.f.m., Revue Esprit & Vie)
La solennité de l'Annonciation rappelle le jour où, à Nazareth, la Vierge Marie accueillit la parole qui lui fut dite par l'Ange de la part du Seigneur: "Tu concevras et tu enfanteras un fils qui sera appelé Fils du Très-Haut". Ainsi quand fut venue la plénitude des temps, pour nous les hommes et pour notre salut, par l'Esprit Saint, le Fils unique de Dieu, qui était avant tous les siècles, a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme.

NB: Lorsque le 25 mars est dans la Semaine Sainte (semaine qui précède Pâques), la fête de l'Annonciation est célébrée le premier jour hors fête, c'est-à-dire le lundi qui suit la semaine de Pâques; d'un point de vue liturgique, la semaine qui suit la fête de Pâques ne fait qu'un avec la fête elle-même.
En 2018, le 25 mars étant le dimanche des Rameaux, la fête avait été reportée au 9 avril.
En 2016, le 25 mars étant le Vendredi Saint, la fête avait été reportée au 4 avril.
En 2013, le 25 mars coïncidait avec le lundi Saint et la fête avait été reportée au 8 avril.
Lorsque le Vendredi saint tombe un 25 mars, jour de la fête de l'Annonciation, Notre-Dame du Puy-en-Velay en Haute-Loire invite les fidèles à venir l'implorer et à recevoir l'indulgence plénière à l'occasion du Jubilé. Il y a 3 à 4 jubilés par siècle. Derniers jubilés: 1910, 1921, 1932, 2005, 2016... le prochain aura lieu en 2157.

Martyrologe romain

L'Annonciation vue par les peintres
L’Annonciation est l’annonce faite à Marie de sa maternité divine par l’ange Gabriel. Cet événement biblique fut une source d’inspiration tout au long de l’histoire de l’art,  aussi bien dans l’art chrétien que dans l’art byzantin, des débuts du christianisme jusqu’à nos jours. Il subsiste quelques vestiges de l’art paléochrétien. Les plus anciennes représentations de l’Annonciation datent du IVe siècle, et se trouvent dans les catacombes de Priscille à Rome.

Le VIIIe siècle est ensuite marqué par la période iconoclaste et l’interdiction des images. Quand le culte des images est rétabli, au milieu du IXe siècle, les représentations ont un caractère hiératique et toute volonté illusionniste est bannie. Les peintres emploient la perspective inversée pour marquer la convergence vers celui qui regarde. L’art religieux est destiné à éduquer les foules.

Dans l’art byzantin, aucune fantaisie n’est autorisée, il convient de s’en tenir à la reproduction de représentations passées. L’Occident n’a jamais connu la même permanence que l’art byzantin. En Occident, l’art gothique se substitue à l’art roman à partir du XIe siècle. Les peintres renoncent à toute représentation de l’espace et se limitent à décorer les objets de piété.

Une révolution entamée par Giotto

GIOTTO

Mais, à partir de 1306, Giotto entame une révolution qui débouchera un siècle plus tard à la Renaissance. Il cherche à faire une imitation de la nature en représentant la profondeur et les perspectives naturelles grâce à des jeux d’ombres profondes.

 

SIMONE MARTINI

Simone Martini, élève contemporain de Giotto réalise une synthèse des arts de son temps, à la fois byzantin – la frontalité, les traits aquilins de la Vierge – et gothique – la disposition en triptyque, les courbes exquises…

Cette tendance à l’unicité de l’art se développe à l’époque du Trenceto (XIVe siècle) à Sienne.

 

 

LORENZO LOTTO

Chez Lorenzo Lotto, on observe un souci du détail et du raffinement rarement vus jusqu’alors. Puis, avec l’avènement de la Renaissance, une nouvelle forme d’art apparaît. La peinture devient illusionniste.

 

 

 

 

 

FILIPPO LIPPI

Filippo Lippi peint de véritables portraits de la jeune fille et de l’ange.

 

 

 

 

 

 

BOTTICELLI

Botticelli montre l’attitude maniérée des personnages et représente le fluide qui circule entre les mains de l’ange et celles de la Vierge, avec un soin apporté à l’architecture de la pièce, la composition géométrique et, une ouverture vers un paysage extérieur.

Toute cette génération de peintres marque alors une prédisposition pour les compositions architectoniques – on ouvre la perspective avec un paysage – le lyrisme des attitudes, la subtilité de la composition.

 

FRA ANGELICO

Fra Angelico met les nouvelles théories picturales au service de la foi. Sa puissance évocatrice dépasse l’imagination et concourt à la manifestation de la ferveur : la sobriété de la perspective et la gamme restreinte de couleurs accentuent la relation entre les personnages.

 

 

 

Les chefs d’œuvre de la Renaissance

VAN EYCK

On retrouve les mêmes caractéristiques d’intimité et de familiarité pendant le XVe siècle flamand. Van Eyck cherche à montrer les moindres détails de la réalité : perles, couronnes, fermoirs…

 

 

 

 

 

VAN DER WEYDEN

Van der Weyden représente la scène dans une chambre virginale avec un lit à baldaquin caractéristique du mobilier de cette époque. Chez les Allemands, on mêle réalisme et imagination dans un style médiéval. Les Français ont une conception plus idéaliste de l’art, l’Annonciation étant représentée dans un lieu de culte plutôt que dans une chambre.

JEAN FOUQUET

Jean Fouquet transporte même l’Annonciation dans la Sainte-Chapelle. Ce contraste entre l’art italien et septentrional se poursuivra encore plusieurs années.

Le début du XVIe  siècle en Italie marque l’âge d’or de la Renaissance.

 

 

 

 

LEONARD DE VINCI

 

Leonard de Vinci offre une Annonciation qui réunit tous les talents : relief, lyrisme des attitudes, minutie des détails…

 

 

MICHEL ANGE

Michel-Ange, avec son goût pour l’anatomie, montre un ange et une vierge sportifs et musclés.

 

 

 

 

 

 

RAPHAËL

L’Annonciation de Raphaël est d’une grande clarté.

 

 

 

 

VÉRONÈSE

Chez Véronèse, la Vierge, très élégante, arbore un joli décolleté.

 

 

 

Pendant ce temps, l’Europe du nord souffre de la Réforme et de la volonté iconoclaste de Protestants. Mais la réforme appellera une contre-réforme.

 

ATELIER CAMPIN

Dans l’art flamand, la volonté intimiste conduira parfois à la trivialité comme chez Campin où l’on tire sur le drap de la Vierge et où l’on voit sur un lavabo une serviette qui sèche. Le Saint Concile décide d’interdire dans les églises toute image non approuvée au préalable par un évêque. Cette décision aura une conséquence sur l’art religieux qui avait été, jusque là, un art total (portrait, nature morte, composition architectonique…). Dès lors, on voit se détacher de l’art religieux une partie de ces styles secondaires.

 

LE GRECO

Le XVIIe siècle marque un vif contraste par rapport au passé avec l’élimination des accessoires et des décors. L’Annonciation doit revêtir un caractère intime. Le Greco se concentre sur l’intensité de la relation entre les personnages.

 

 

 

 

LE SUEUR

D’autres œuvres somptueuses voient le jour en Espagne, Italie et France (grâce à Le Sueur

 

 

 

 

 

POUSSIN

et Poussin notamment).

 

 

 

 

 

 

Il faut attendre le XIXe siècle pour assister à une nouvelle évolution majeure. Il n’y a plus d’art chrétien mais des artistes chrétiens.

IVANOV

Ivanov représente l’ange en statue du Commandeur. Dans la seconde moitié du siècle, les artistes réalisent des œuvres classiques mais qui manquent la transcendance de la Renaissance.

 

 

 

Gauguin sera le seul à peindre une Vierge aux seins nus.

LA ORANA / GAUGUIN

Son Annonciation se situe dans les îles avec une jeune Polynésienne.

 

 

 

 

 

 

Au XXe siècle, l’Annonciation sera encore une source d’inspiration pour Dali, les cubistes, les fauvistes… seuls les peintres abstraits se sont abstenus de représenter cet événement.

DALI

Car, située dans une unité de lieu et de temps, l’Annonciation ne peut pas être abstraite.

 

 

 

 

La recherche de l’invisible dans le visible

Aucun peintre n’a placé l’Annonciation dans le lieu où elle est supposée avoir eu lieu, à savoir une grotte de Nazareth. Mais quel que soit le décor, certaines données restent immuables : dissymétrie spatiale et dynamique, des personnages qui appartiennent à des mondes différents. L’ange échappe à la pesanteur alors que la jeune fille est terrestre ; l’un qui vient de dehors, l’autre qui est à l’intérieur. L’ange aux ailes déployées occupe les deux tiers de la scène, tantôt saisi en plein vol, tantôt le pied à terre mais qui, souvent, arrive en courant. Chez Fra Angelico, il est apparu puis s’est incliné avant de délivrer son message. Un message représenté chez Durer par un texte écrit brandi à la Vierge, ce qui est une représentation abusive, le message étant verbal.

Pour représenter cette parole, de nombreux peintres ont utilisé la technique des phylactères, qui sont les ancêtres des bulles des bandes dessinées. La Vierge devant être éveillée pour pouvoir donner son consentement était souvent représentée, en Occident, en train de lire des textes sacrés. Elle est effrayée par cette soudaine apparition car elle ne s’y attend pas. Pour les Byzantins, cette expression s’apparente plutôt à de l’effroi. Chez Martini, elle arbore des signes de repli, de timidité. Après l’effroi, la Vierge écoute puis discute, un dialogue s’instaure. Puis elle accepte. Cette douce ferveur est abordée différemment selon les styles byzantin, florentin ou romain. La réponse de la Vierge ne s’adresse pas au messager mais à Dieu, qui est par conséquent souvent représenté, que ce soit sous la forme d’une colombe, d’un faisceau ou d’une figure patriarcale avec sa grosse barbe blanche.

Les tableaux représentant l’Annonciation fourmillent de symboles. Chez les byzantins, ces symboles sont abstraits (carrés, cercles…) tandis qu’en Occident, ce sont des signes figuratifs. On voit des lys et des iris, ou bien des vases de cristal, pour exprimer la pureté. Les portes entrouvertes ou ostensiblement fermées expriment, selon Françoise Dolto, la conception virginale. La colonne dessine un espace ternaire et évoque la Trinité, un axe de symétrie (qui forme un M, comme Marie) entre valeurs terrestres et célestes. Dans certaines œuvres, l’Annonciation préfigure même la crucifixion.

ARCABAS

Le thème de l’Annonciation a inspiré profusion d’images, de la plus théâtrale à la plus rustique, de la plus somptueuse à la plus dépouillée. Après tout, Dostoïevski n’a-t-il pas écrit que « la beauté sauvera le monde » ?

Par Josette Minoret-Gibert / CDI de Garches

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